En Ariège, la confirmation d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse a déclenché une mobilisation contre l’abattage d’un troupeau de 207 vaches à Bordes-sur-Arize. La soirée a basculé en affrontements avec les gendarmes, tandis que l’État défend une mesure jugée indispensable pour éviter la propagation.

Dermatose nodulaire contagieuse : tensions en Ariège autour de l’abattage d’un troupeau de 207 vaches
La contestation d’un abattage sanitaire à Bordes-sur-Arize (Ariège), après la confirmation d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse, a pris une tournure violente jeudi soir, relate 20 Minutes. Plusieurs centaines d’agriculteurs et sympathisants s’étaient rassemblés pour tenter d’empêcher l’intervention des services vétérinaires, avant des heurts avec les gendarmes.
Une mobilisation pour bloquer l’intervention sanitaire
La mobilisation s’est organisée après l’annonce d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans un élevage local. Conformément au protocole en vigueur, une opération d’euthanasie du troupeau concerné — 207 bovins — devait être mise en œuvre afin de limiter les risques de diffusion de la maladie.
Sur place, des agriculteurs opposés à l’abattage total ont occupé les abords de l’exploitation et tenté de retarder l’intervention. Des manifestants issus notamment de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne figuraient parmi les présents, rejoints par des soutiens du mouvement.
Violents heurts avec les gendarmes et reprise de la ferme
En fin de journée, l’arrivée des forces de l’ordre à proximité de l’élevage a marqué un changement d’ambiance. Dans la soirée, des gendarmes ont fait usage de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes, tandis que des projectiles, dont des pierres, étaient lancés depuis le groupe de manifestants.
Vers 23 h, les forces de l’ordre ont repris le contrôle de la ferme, occupée depuis la veille par des opposants à l’abattage. La situation est restée tendue, sur fond d’appel au calme des autorités.
Le préfet appelle à l’apaisement, désaccord sur le consentement
Le préfet de l’Ariège, Hervé Brabant, a indiqué que les deux frères propriétaires du troupeau avaient donné leur accord à l’abattage. La Coordination rurale conteste cette version et affirme qu’un désaccord persiste au sein de la fratrie, dénonçant une décision vécue comme un choc supplémentaire pour la famille.
Le représentant de l’État a, de son côté, appelé à l’apaisement, évoquant la présence d’un noyau de personnes déterminées à en découdre. L’enjeu, selon les autorités, reste de maintenir le dispositif sanitaire et d’éviter une extension des tensions sur le terrain.
« Seule méthode efficace » : l’État défend l’abattage total
Selon la préfecture, l’abattage est présenté comme la seule méthode efficace pour empêcher la propagation de la DNC au-delà du foyer identifié. L’objectif affiché est de réduire le risque de diffusion à l’ensemble du cheptel français, avec une opération menée dès que possible, en parallèle du déploiement vaccinal.
En Ariège, le cheptel est estimé à 33 000 bovins. D’après les chiffres communiqués localement, 3 000 animaux ont déjà été vaccinés dans des zones proches des Pyrénées-Orientales, où plusieurs foyers ont été identifiés ces dernières semaines.
Un protocole alternatif proposé par des acteurs locaux
Syndicats agricoles locaux et chambre d’agriculture ont proposé au ministère de l’Agriculture un protocole expérimental. Ce schéma alternatif prévoyait l’abattage des seuls animaux contaminés, associé à une vaccination massive.
La réglementation actuelle impose toutefois l’abattage de l’intégralité du troupeau concerné, ainsi que la mise en place de zones réglementées dans un rayon de 50 km. Ces zones s’accompagnent de restrictions de déplacements et d’une vaccination obligatoire, une stratégie également appliquée dans les Hautes-Pyrénées, où un autre troupeau doit être abattu vendredi.
Une crise qui ravive les lignes de fracture syndicales
Au niveau national, l’épisode ravive les divergences entre organisations agricoles sur la réponse à apporter. La Coordination rurale estime que la mobilisation a permis de retarder l’échéance et appelle à un changement de politique, avec un renforcement de la vaccination.
Le ministère de l’Agriculture affirme pour sa part que la maladie est sous contrôle, tout en indiquant travailler à des pistes de vaccination préventive plus large. Une perspective accueillie avec prudence par la FNSEA, qui met en avant un risque économique sur les exportations et les prix, même si son président Arnaud Rousseau a demandé une extension de la zone vaccinale.
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