L’IGPN demande aux policiers de renoncer aux courses-poursuites jugées trop risquées. Ces nouvelles directives sur les refus d’obtempérer suscitent la controverse au sein des forces de l’ordre françaises.

Police française : nouvelles directives restrictives sur les poursuites
Les autorités policières imposent des consignes de prudence inédites face aux refus d’obtempérer
L’inspection générale de la police nationale a diffusé début décembre une série de recommandations qui bouleversent les pratiques opérationnelles des forces de l’ordre françaises. Ces nouvelles directives concernent les poursuites de véhicules et suscitent des réactions contrastées au sein de la profession, relate Le JDD.
Des consignes qui interrogent la stratégie policière
Le 4 décembre dernier, l’IGPN a transmis aux commissariats français une fiche d’alerte demandant aux policiers d’évaluer systématiquement la pertinence d’une poursuite. Le département Amaris, structure d’audit interne de la police des polices, insiste sur les dangers que représentent les courses-poursuites pour les agents et les citoyens.
Cette communication intervient dans un contexte particulier, alors qu’un policier comparaissait devant la justice dans l’affaire Nahel. Les autorités estiment que chaque situation nécessite une analyse des risques avant d’engager une poursuite automobile. En France, environ 25 000 refus d’obtempérer sont recensés chaque année.
Un revirement après l’assouplissement de mai
Ces recommandations marquent un changement de cap par rapport aux orientations données en mai dernier. Le ministre de l’Intérieur avait alors généralisé le principe d’autorisation systématique des poursuites pour tout refus de contrôle, une règle auparavant limitée à Paris.
L’ancienne réglementation, appelée “note 89”, n’autorisait les poursuites que pour des infractions graves comme l’évasion d’individus armés ou les crimes de sang. La nouvelle directive de l’IGPN rappelle que les véhicules de patrouille ne sont pas conçus pour la conduite sportive et que les poursuites requièrent des compétences de pilotage spécifiques.
L’abandon de poursuite présenté comme un acte professionnel
Selon la fiche d’alerte, renoncer à une poursuite après évaluation des risques constitue une preuve de sagesse et de professionnalisme plutôt qu’un échec. Cette position suscite néanmoins des critiques au sein des rangs policiers, certains y voyant un renoncement face à la délinquance.
Un policier témoigne de cette frustration en expliquant que la hiérarchie exige une présence visible sur la voie publique tout en décourageant les poursuites. Cette contradiction génère un sentiment de malaise parmi les agents de terrain qui estiment devoir “détourner le regard” face aux refus d’obtempérer.
L’impact de l’affaire Nahel Merzouk sur les pratiques
Les statistiques de l’IGPN révèlent une évolution significative du recours aux armes à feu contre les véhicules en mouvement. En 2023, année de l’affaire Nahel, les policiers n’ont tiré que 79 fois en direction de véhicules, soit une baisse de 43% en un an et de 61% depuis 2017.
Le porte-parole du syndicat Alliance souligne que l’affaire Nahel a profondément marqué les policiers sur le plan psychologique. L’agent mis en cause avait respecté les règles d’engagement, mais l’affaire a déclenché des émeutes et une forte pression médiatique et politique. En 2024, le nombre de tirs est remonté à 87, mais reste inférieur de moitié à la moyenne des années 2017-2022.
Des inquiétudes sur l’efficacité opérationnelle
Ces nouvelles restrictions opérationnelles soulèvent des questions sur l’équilibre entre la protection des agents, la sécurité des citoyens et l’efficacité de la répression. La hiérarchie policière justifie ces mesures par la volonté de préserver des vies, tandis que certains agents y voient une stratégie de contournement plutôt que de confrontation face à la délinquance.
Les syndicats policiers déplorent un décalage entre les exigences d’efficacité et les moyens accordés pour intervenir. Cette situation alimente un débat sur les conditions d’exercice du métier de policier et les attentes placées sur les forces de l’ordre dans un contexte de tensions sociales.
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que nos FDO aient le droit d’appliquer comme aux USA! lĂ bas il n’y a pas de refus d’obtempĂ©rer!tout le monde obĂ©it, c’Ă©tait incroyable par rapport Ă ce qui se passe chez nous! les français ne savent pas pourquoi? appliquons les meme methodes et ça changera!
l’igpn n’est pas une « autorité » et n’a aucun droit de donner des « directives » … plaintes au pĂ©nal doivent ĂŞtre dĂ©posĂ©es pour outrage, ordre illĂ©gaux et usurpation de fonctions …
et quand qq’un est tuĂ© par ces « fauteurs de troubles »…..on met qui en prison : l’ IGPN au grand complet????