Un major de police rouennais de 51 ans, ancien chef de la brigade des mineurs, a été mis en examen et placé en détention provisoire pour agressions sexuelles sur deux adolescentes et détention d’images pédopornographiques. L’enquête de l’IGPN révèle des faits troublants.

Un major de police rouennais incarcéré pour agressions sexuelles sur mineures
L’ancien responsable de la brigade des mineurs du commissariat de Rouen mis en examen après les révélations de deux adolescentes
Un major de police âgé de 51 ans a été placé en détention provisoire à la maison d’arrêt d’Évreux le 8 décembre 2025, relative Ici Normandie. Ancien chef de la brigade des mineurs du commissariat de Rouen, actuellement adjoint au chef de la brigade des atteintes aux personnes, il fait face à des accusations d’agressions sexuelles sur mineures, de corruption de mineure et de détention d’images à caractère pédopornographique. Cette affaire, révélée par le procureur de la République d’Évreux Rémi Coutin, a été dépaysée en raison des fonctions sensibles du mis en cause.
Une première plainte cinq ans après les faits
L’affaire débute lorsqu’une lycéenne havraise de 17 ans se confie aux services de l’Éducation nationale. Elle dénonce une agression sexuelle qu’elle aurait subie durant l’été 2019, alors qu’elle n’avait que 12 ans. Les faits se seraient produits lors de vacances passées avec un ami de ses parents, fonctionnaire de police à Rouen, son épouse et leurs filles.
L’établissement scolaire transmet immédiatement un signalement à l’autorité judiciaire. Compte tenu du profil du mis en cause et de ses responsabilités passées au sein de la brigade des mineurs, le dossier est confié au parquet d’Évreux. L’Inspection générale de la police nationale, via son antenne rennaise, se charge de l’enquête préliminaire.
Des découvertes accablantes lors de la perquisition
En janvier 2025, les enquêteurs procèdent à des perquisitions au domicile et sur le lieu de travail du fonctionnaire. Les investigations révèlent la présence de nombreuses images à caractère pornographique ou érotique impliquant des mineurs sur son téléphone portable. Plus troublant encore, un disque dur contient un volume important de données pédopornographiques provenant manifestement d’une procédure judiciaire traitée par son service.
La présence de ces éléments sur un support personnel interroge les enquêteurs sur un possible détournement de données issues du cadre professionnel. Cette découverte élargit considérablement le champ de l’enquête au-delà de la plainte initiale.
Une seconde victime se manifeste
En novembre 2025, une adolescente de 13 ans domiciliée en Seine-Maritime dépose à son tour une plainte contre le même policier. Elle l’accuse d’agressions sexuelles et de corruption de mineure sur une période s’étalant sur les deux dernières années. Comme la première plaignante, cette jeune fille entretenait une relation d’amitié avec l’une des filles du fonctionnaire et fréquentait régulièrement son domicile.
Cette nouvelle procédure est jointe à la première, renforçant la gravité du dossier. Les deux victimes présentent un profil similaire : des adolescentes proches du cercle familial du mis en cause, en situation de vulnérabilité.
Interpellation mouvementée et tentatives de suicide
Début décembre 2025, le major de police est interpellé et placé en garde à vue par les agents de l’IGPN. Confronté aux accusations, il conteste les faits rapportés par la première victime mais reconnaît partiellement ceux dénoncés par la seconde. Il admet également la détention d’images pédopornographiques et la consultation de sites à caractère pédopornographique, évoquant une curiosité initiale.
La garde à vue connaît deux interruptions successives après que le fonctionnaire a tenté par deux fois de mettre fin à ses jours. Il doit être hospitalisé en service psychiatrique avant d’être déféré devant le tribunal judiciaire d’Évreux.
Mise en examen et détention provisoire
Le 8 décembre 2025, une information judiciaire est ouverte pour agressions sexuelles sur mineures de moins de 15 ans, corruption de mineure, détention d’images pédopornographiques et détournement de données à caractère personnel. Le juge des libertés et de la détention ordonne le placement en détention provisoire du mis en cause.
Actuellement incarcéré à la maison d’arrêt d’Évreux, le major de police fait l’objet d’une instruction menée par un juge d’instruction. Les investigations se poursuivent pour déterminer l’étendue exacte des faits et identifier d’éventuelles autres victimes.
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