Le parquet de Paris a classé sans suite l’affaire Civitas après la « Nuit Blanche » : six gardes à vue, deux élus bousculés, mais aucune infraction suffisamment caractérisée.

Nuit Blanche à Paris : le parquet classe sans suite l’affaire des catholiques traditionalistes après la bousculade d’élus
Interpellés pour violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique, six militants catholiques traditionalistes ont finalement été remis en liberté sans poursuites. Les investigations n’ont pas permis d’établir de responsabilité individuelle.
Une « soirée culturelle » dans une église vire à l’incident
La 25e édition de la Nuit Blanche parisienne a été marquée par une intrusion revendicative dans l’église Saint-Laurent, dans le 10e arrondissement. Des militants catholiques traditionalistes ont investi les lieux pour protester contre l’installation « artistique » Sous la peau du ciel, œuvre de Marie-Luce Nadal présentée dans le cadre de cette édition consacrée au thème de l’amour.
Parmi les personnes présentes ce soir-là figuraient Alexandra Cordebard, maire socialiste du 10e arrondissement, et Pouria Amirshahi, député écologiste de la circonscription. Tous deux ont déclaré avoir été bousculés au cours de l’action militante, ce qui a conduit les forces de l’ordre, intervenues rapidement sur place, à procéder à l’interpellation de six personnes. Deux d’entre elles l’ont été spécifiquement pour des faits de violences sur élus.
L’enquête bute sur l’identification des auteurs
Saisi des faits, le parquet de Paris a diligenté les investigations d’usage : auditions, présentation de photographies aux victimes, exploitation des images de vidéosurveillance. Mais les résultats n’ont pas été concluants. Alexandra Cordebard et Pouria Amirshahi n’ont pas été en mesure de reconnaître formellement les auteurs des bousculades parmi les clichés qui leur ont été soumis.
L’analyse des caméras de surveillance a confirmé l’existence d’une agitation physique générale, sans toutefois permettre d’attribuer un rôle actif précis à l’un ou l’autre des individus interpellés. Faute de preuve individuelle suffisante, le parquet a conclu qu’« aucune infraction n’était suffisamment caractérisée » et a prononcé un classement sans suite de la procédure.
Une mobilisation orchestrée contre la Nuit Blanche
Si la justice ne retient aucune charge à ce stade, le contexte de l’action reste documenté. Des appels avaient été publiquement lancés pour perturber cette édition de la Nuit Blanche, en ciblant notamment la présence de Barbara Butch en tant que directrice artistique. La DJ, déjà victime d’une intense campagne de cyberharcèlement à la suite de sa participation à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris en 2024, se trouvait ainsi à nouveau dans le viseur de milieux traditionalistes.
La mairie de Paris a réagi par communiqué, dénonçant l’intervention de militants cherchant à entraver la tenue d’une manifestation culturelle, et réaffirmant sa détermination à « protéger le monde de la culture des fondamentalismes conservateurs et réactionnaires ». L’œuvre de Marie-Luce Nadal a finalement pu être présentée au public après l’intervention policière.
Classement sans suite : ni acquittement ni blanc-seing
Il convient de rappeler qu’un classement sans suite ne signifie pas que les faits n’ont pas eu lieu, ni que les personnes interpellées sont reconnues innocentes. Il traduit uniquement l’impossibilité, au regard des éléments réunis, d’engager des poursuites pénales dans des conditions conformes aux exigences probatoires du droit français. La procédure pourrait théoriquement être rouverte si de nouveaux éléments venaient à émerger.
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