À Goudelin dans les Côtes-d’Armor, un individu harcèle depuis plus de deux ans une vingtaine de retraitées en frappant à leurs portes la nuit. Malgré 120 visites recensées et une enquête ouverte, l’homme reste introuvable.

Un mystérieux harceleur sème la panique chez les retraitées de Goudelin
Une vingtaine de femmes âgées terrorisées depuis plus de deux ans par un rôdeur nocturne qui frappe systématiquement à leurs portes
Un cauchemar qui dure depuis plus de deux ans. Dans la paisible commune de Goudelin, située dans les Côtes-d’Armor, une vingtaine de femmes âgées vivant seules subissent un harcèlement nocturne particulièrement angoissant. Un individu non identifié frappe régulièrement à leurs portes et volets, plongeant ces retraitées dans un climat de terreur permanente, relate Le Parisien.
Des dizaines de visites nocturnes soigneusement documentées
Solange, l’une des principales victimes, a méthodiquement répertorié chaque passage de ce visiteur indésirable. Entre avril 2024 et novembre 2025, elle comptabilise pas moins de 120 visites à son domicile. Pour tenter de percer le mystère, la retraitée a installé cinq caméras de surveillance autour de sa propriété située dans un lotissement de la commune bretonne.
Les interventions surviennent principalement entre 21h30 et 6 heures du matin. L’individu sonne aux portes, tambourine contre les volets ou jette des projectiles contre les fenêtres. Bien qu’il n’ait jamais tenté de pénétrer dans les habitations, ses agissements plongent ses cibles dans un état d’anxiété permanent.
Un individu organisé qui connaît parfaitement ses victimes
L’analyse du mode opératoire révèle une planification minutieuse. Le harceleur semble disposer d’informations précises sur l’âge, la situation familiale et les habitudes de ses cibles. Il évite systématiquement les angles de surveillance, utilise une lampe torche pour aveugler les caméras et ne frappe jamais deux nuits consécutives au même endroit, se ménageant ainsi le temps nécessaire pour disparaître.
Georgette, 76 ans, fait partie des rares personnes à avoir brièvement aperçu le rôdeur. Sortie en pleine nuit pieds nus lors d’une intrusion, elle l’a vu s’enfuir précipitamment. Pour se protéger, elle garde désormais un pistolet d’alarme à portée de main et dispose des obstacles devant son portail.
Marjolaine, 92 ans, constitue également une cible régulière. Malgré son handicap auditif qui l’empêche désormais d’entendre les coups, la nonagénaire reste profondément affectée par cette situation.
Le difficile combat pour ĂŞtre entendues
Au-delà du traumatisme psychologique, les victimes ont dû affronter l’incrédulité de leur entourage. Les premières femmes ayant signalé les faits auprès de la mairie et de la gendarmerie se sont heurtées au scepticisme. Leur âge avancé a joué contre elles, certains doutant de la véracité de leurs témoignages.
Les réponses initiales des autorités ont parfois manqué de considération. Lorsque Solange contactait les forces de l’ordre, on lui suggérait de demander au rôdeur ce qu’il voulait, ou on lui indiquait qu’une patrouille n’avait rien constaté. La retraitée a néanmoins déposé deux mains courantes et porté plainte à deux reprises.
Face à cette situation, les proches des victimes se sont mobilisés. Les enfants de Solange ont organisé des rondes nocturnes autour de son domicile, malheureusement sans résultat.
Une mobilisation qui finit par porter ses fruits
Dix-huit victimes ont signé une pétition déposée en mairie pour alerter les autorités. Laurent Le Faucheur, maire de la commune, a qualifié la situation de “forme de harcèlement difficile à maîtriser” lors d’une intervention médiatique. L’élu a personnellement installé deux caméras de chasse au domicile d’une habitante pour tenter d’identifier l’auteur.
En septembre dernier, le parquet de Saint-Brieuc a officiellement ouvert une enquête pour “violence sans ITT sur personne vulnérable”. Cette décision marque une reconnaissance institutionnelle du préjudice subi par ces femmes.
Une angoisse quotidienne qui perdure
Malgré l’enquête en cours, l’épuisement gagne les victimes. Certaines passent des heures chaque nuit à surveiller leur porte, espérant enfin identifier leur harceleur. D’autres multiplient les dispositifs de protection artisanaux, transformant leurs domiciles en véritables forteresses.
Zoé, aide à domicile de plusieurs victimes, s’interroge sur les motivations de cet individu. La question reste entière : quel plaisir peut-il trouver à terroriser des femmes âgées et vulnérables ? Chaque nuit qui tombe sur Goudelin ravive les craintes de ces retraitées qui se demandent si elles seront la prochaine cible du mystérieux frappeur.
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