Une fillette de 10 ans placée à l’ASE aurait été violée par une autre mineure dans un foyer à Clamart. Alertés huit jours après, ses parents n’ont toujours pas pu la voir. Enquête ouverte, silence des institutions.

Une enfant de 10 ans violée dans un foyer de l’ASE : trois semaines de silence pour les parents
Les parents d’une fillette placée à l’Aide sociale à l’enfance découvrent avec huit jours de retard qu’elle aurait été agressée sexuellement par une autre mineure. Malgré une plainte et de multiples démarches, ils n’ont toujours pas pu revoir leur fille ni obtenir d’explications détaillées sur les circonstances du drame, relate Le Parisien.
Une agression découverte huit jours plus tard
Le 18 décembre 2025, Hacène reçoit un appel qui bouleverse sa vie. Un foyer parisien de l’Aide sociale à l’enfance lui annonce que sa fille Nora, 10 ans, aurait été victime d’un viol huit jours plus tôt, le 10 décembre. L’agresseur présumé serait une autre mineure, sa « camarade » de chambre au sein de l’établissement situé à Clamart, dans les Hauts-de-Seine.
La fillette avait été placée en mai 2025 avec son jeune frère Majid après des signalements de violences présumées commises par leur mère et leur beau-père. Depuis son placement, l’enfant aurait été déplacée à plusieurs reprises entre différents foyers, sans que son père puisse suivre précisément son parcours.
Le lendemain de cet appel tardif, Hacène dépose plainte au commissariat de Levallois-Perret. Mais les informations dont il dispose restent extrêmement limitées : il ignore où se trouve exactement sa fille et ne connaît aucun détail sur les circonstances de l’agression.
Un père sans nouvelles pendant trois semaines
Depuis l’annonce des faits, Hacène se heurte à un mur de silence. Son avocate, Me May Sarah Vogelhut, déplore ce qu’elle qualifie de “silence assourdissant” des institutions. “Voilà plus de trois semaines que nous sommes sans nouvelles. Ce père n’a pas pu prendre sa fille dans ses bras, ni lui demander comment elle va”, explique la pénaliste ce 2 janvier.
L’avocate multiplie les démarches pour obtenir des informations. Elle contacte l’ASE, écrit au juge des enfants, sollicite la section des mineurs du parquet de Paris et la présidence du tribunal judiciaire. Toutes ces tentatives restent sans réponse.
Le 21 décembre, Me Vogelhut est reçue par Rachida Dati, ministre de la Culture et candidate aux municipales parisiennes, accompagnée de sa porte-parole Nelly Garnier. Un courrier est alors adressé à la procureure de Paris, Laure Beccuau, avec l’appui de la conseillère municipale Inès de Raguenel.
Une réponse obtenue après l’intervention d’un média
C’est finalement après l’envoi d’un message par un quotidien au parquet de Paris, le 2 janvier en après-midi, que la juge des enfants répond à l’avocate. Elle confirme qu’une enquête est effectivement en cours, menée dans les Hauts-de-Seine.
Le courrier révèle plusieurs éléments. Nora se trouve toujours dans le foyer des Hauts-de-Seine et déclare s’y sentir bien. L’enfant mise en cause dans l’agression a été transférée dans un autre établissement et n’a plus de contact avec la victime. Un suivi thérapeutique a été organisé pour la fillette.
La magistrate indique également avoir sollicité l’ASE pour que chaque parent puisse être reçu rapidement, obtenir des explications sur la situation et poser leurs questions. Nora et son frère avaient été transférés le 25 août 2025 dans ce foyer de Clamart, géré par la Fondation Grancher. L’établissement n’a pas souhaité s’exprimer sur cette affaire.
Une enquête transférée au parquet de Nanterre
Le parquet de Paris a ouvert une enquête le 16 décembre après avoir été alerté par un signalement de la Cellule de recueil des informations préoccupantes. Les investigations ont été confiées à la Brigade de protection des mineurs.
La juridiction parisienne s’est ensuite dessaisie au profit du parquet de Nanterre, compétent en raison du lieu où se sont déroulés les faits et de leur nature criminelle. Cette décision constitue une exception à la règle habituelle qui prévoit la saisine du parquet du domicile des représentants légaux d’un mineur mis en cause. Le parquet de Nanterre n’a pas donné suite aux sollicitations concernant l’état d’avancement du dossier.
De nouveaux dysfonctionnements dans la protection de l’enfance
Cette affaire survient quelques semaines après la révélation d’une autre affaire choquante dans un foyer parisien. Le 9 décembre, une vidéo montrant un petit garçon tondu par ses éducateurs avait provoqué une onde de choc. Le parquet de Paris avait immédiatement ouvert une enquête pour violences volontaires, tandis que la mairie de Paris lançait une enquête administrative.
Ces deux dossiers mettent en lumière les défaillances persistantes de l’Aide sociale à l’enfance, également en matière de transparence et de communication avec les familles. La mairie de Paris a refusé de commenter cette nouvelle affaire, renvoyant vers le parquet en invoquant le caractère judiciaire du dossier.
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