Une septuagénaire de Saint-Julien-du-Sault a été condamnée à cinq mois de prison avec sursis et 15 000 euros de dommages pour avoir maintenu dix chats dans des conditions dramatiques. Interdiction définitive d’exercer.

Une éleveuse de chats de l’Yonne condamnée pour maltraitance animale
Le tribunal correctionnel de Sens a prononcé une peine de cinq mois de prison avec sursis à l’encontre d’une septuagénaire qui maintenait des félins dans des conditions indignes. Deux animaux sont décédés suite à leur sauvetage, relate Ici Auxerre.
Une habitante de Saint-Julien-du-Sault, âgée de 73 ans, a comparu devant la justice pour avoir exposé dix chats à un danger mortel. La décision, mise en délibéré lors de l’audience du 11 décembre 2025, a été rendue ce jeudi 8 janvier. La prévenue exerçait une activité d’élevage commercial légalement déclarée, mais les conditions de détention des animaux ont provoqué l’intervention des autorités.
Des animaux dans un état critique
Les félins découverts sur place présentaient des signes alarmants de négligence. Faméliques et déshydratés, plusieurs d’entre eux affichaient une maigreur extrême. Coralie Chameroy, directrice de la SPA de l’Yonne basée à Nailly, témoigne de la gravité de la situation lors du procès. Les associations de protection animale ont recueilli les chats dans un état qualifié de “pitoyable”. Malgré les soins prodigués, deux félins n’ont pas survécu.
Les images présentées à l’audience ont révélé l’ampleur de la dénutrition subie par ces animaux. L’un des chats montrait une silhouette squelettique, avec la peau collée aux os, symptôme d’une privation prolongée de nourriture et d’eau.
Un environnement insalubre dénoncé
L’élevage était installé dans des sous-sols et caves, plongeant régulièrement les animaux dans l’obscurité. L’avocat de l’association Stéphane Lamart, Patrice Grillon, a souligné l’état sanitaire déplorable des lieux. Les chats vivaient au milieu de leurs propres déjections, une situation contraire à leur nature instinctivement propre.
Un contrôle sanitaire effectué en 2025 a déclenché l’intervention de la gendarmerie. Les investigations ont révélé que ces conditions perduraient depuis plusieurs années. L’espace confiné et l’accumulation d’excréments créaient un environnement totalement inadapté à la détention d’animaux domestiques.
Une activité commerciale qui tourne mal
La septuagénaire menait une activité d’élevage déclarée, commercialisant ses chats et proposant des services de reproduction. Une cliente, ayant confié son animal pour saillie, s’est constituée partie civile après avoir constaté les conditions de vie réservées aux félins. Cette affaire illustre les dérives possibles même dans le cadre d’exploitations officiellement enregistrées.
Des sanctions financières et professionnelles
Outre la peine de prison avec sursis pour abandon et mise en danger délibérée d’animaux, la condamnée devra verser 15 000 euros de dommages et intérêts. Cette somme sera répartie entre la cliente lésée et trois associations de défense des animaux : la SPA de l’Yonne, la Fondation Brigitte Bardot et l’association Stéphane Lamart. Une amende de 500 euros s’ajoute à ces réparations.
Le tribunal a prononcé une interdiction de détenir tout animal de compagnie pendant deux ans. Plus significatif encore, l’éleveuse se voit définitivement interdire l’exercice de sa profession. Cette mesure vise à prévenir toute récidive dans le secteur de l’élevage animalier.
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