Le propriétaire du bar Le Constellation à Crans-Montana a été placé en détention provisoire après l’incendie qui a coûté la vie à 40 personnes lors du réveillon. Absence de contrôles depuis 2019 et matériaux inflammables en cause.

Le gérant du bar de Crans-Montana écroué après l’incendie meurtrier du réveillon
Jacques Moretti, propriétaire du Constellation où 40 personnes ont perdu la vie dans les flammes durant la nuit du Nouvel An, a été placé en détention provisoire ce vendredi, relate BFMTV. La justice suisse l’accuse d’homicide et d’incendie par négligence. L’enquête révèle de graves manquements en matière de sécurité.
Placement en détention pour risque de fuite
La procureure générale du canton du Valais, Béatrice Pilloud, a ordonné l’incarcération de Jacques Moretti en raison d’un “risque de fuite concret”. Cette décision intervient après l’audition du couple Moretti par les autorités judiciaires jeudi dernier. Jessica Moretti, épouse du gérant et copropriétaire de l’établissement, demeure en liberté.
La défense du prévenu a réagi à cette mesure en soulignant que des garanties seraient fournies pour démontrer l’absence d’intention de se soustraire à la procédure. Les avocats ont précisé que le ministère public reconnaissait la possibilité de recourir à des mesures alternatives à la détention.
Trois chefs d’accusation retenus
Le couple fait l’objet d’une instruction pénale pour homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence. Ces qualifications juridiques engagent la responsabilité pénale des gérants dans la survenue du drame qui a endeuillé la station huppée des Alpes valaisannes.
Le bilan humain s’avère particulièrement lourd avec 40 décès et 116 blessés de 19 nationalités différentes. Les victimes sont actuellement prises en charge dans plusieurs pays : 83 personnes restent hospitalisées en Suisse et dans les États limitrophes comme la France, l’Allemagne, l’Italie et la Belgique.
Une origine du sinistre identifiée
Les investigations ont permis d’établir que l’incendie s’est déclaré dans le sous-sol du bar au contact entre des bougies étincelantes et le plafond. Plusieurs centaines de fêtards célébraient l’arrivée de 2026 dans cet espace confiné lorsque les flammes se sont propagées.
Les experts judiciaires analysent minutieusement l’historique des travaux réalisés par les propriétaires en 2015. Les matériaux employés lors de ces aménagements soulèvent des interrogations majeures, notamment l’utilisation présumée de mousse hautement inflammable pour l’isolation ou la décoration.
Des manquements graves aux contrôles de sécurité
Un élément accablant est apparu lors de l’enquête : aucune inspection relative à la sécurité incendie n’a été effectuée dans l’établissement depuis 2019. Cette révélation faite par la commune soulève des questions sur le respect de la réglementation en vigueur et la responsabilité des autorités locales.
Les enquêteurs vérifient également si les normes de sécurité incendie ont été respectées lors des transformations du local. Le type de matériaux isolants, la présence de systèmes de détection et d’extinction, ainsi que les capacités d’évacuation du sous-sol font l’objet d’une expertise approfondie.
Un hommage national aux victimes
Emmanuel Macron s’est rendu ce vendredi à Crans-Montana pour participer à une cérémonie d’hommage aux victimes. Cette présence témoigne de l’ampleur internationale de la tragédie qui a touché des ressortissants de nombreux pays venus célébrer le Nouvel An dans cette station de ski renommée.
L’instruction judiciaire se poursuivra dans les prochaines semaines afin d’établir précisément la chaîne des responsabilités ayant conduit à ce drame. Les résultats des expertises techniques seront déterminants pour qualifier définitivement les infractions reprochées aux prévenus.
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