Deux jeunes hommes ont été condamnés à Rouen pour leur participation à 54 cambriolages de stations-service commis en 2023 en Normandie et dans le Pas-de-Calais, causant près de 481 000 euros de préjudice. Le tribunal a prononcé des peines de prison avec sursis probatoire.

Rouen : deux jeunes condamnés après une vague de cambriolages de stations-service
Le tribunal correctionnel a rendu son verdict dans l’affaire d’une série impressionnante de vols commis au printemps et à l’été 2023. Deux hommes issus de la communauté des gens du voyage ont écopé de peines de prison avec sursis probatoire, après avoir été jugés pour leur participation à des dizaines de cambriolages, relate Paris Normandie.
Un préjudice estimé à près d’un demi-million d’euros
Le tribunal correctionnel de Rouen a examiné mardi 6 janvier 2026 le dossier de deux prévenus âgés de 21 et 22 ans. Les deux hommes comparaissaient libres pour une série de cambriolages perpétrés au printemps et à l’été 2023. Le président Martin Lebeau a rappelé l’ampleur des dégâts : 54 infractions au total représentant un préjudice de 481 000 euros.
Les cibles privilégiées étaient les stations-service et les commerces, principalement situés dans l’agglomération rouennaise et en Normandie, mais également dans le Pas-de-Calais. Les malfaiteurs s’emparaient systématiquement des caisses enregistreuses lors de leurs expéditions nocturnes.
Des aveux partiels et des contestations
Le premier prévenu, désormais établi dans la Sarthe où il exerce une activité de maraîchage avec sa compagne, était poursuivi pour 39 infractions. Il n’a reconnu qu’une partie des faits qui lui étaient reprochés. Il a expliqué avoir agi en bande avec quatre ou cinq complices, tout en invoquant des souvenirs flous concernant les événements survenus deux ans auparavant.
Son comparse, résident de Sotteville-lès-Rouen, a admis cinq cambriolages. Sans qualification professionnelle, il a déclaré être à la recherche de stages et d’un emploi. Les deux prévenus étaient jeunes majeurs au moment des faits et ne possédaient aucun antécédent judiciaire.
Un mode opératoire rodé
Le procureur Jérôme Lemercier a détaillé le modus operandi des cambrioleurs, remarquablement uniforme d’un vol à l’autre. Les malfaiteurs opéraient systématiquement cagoulés et utilisaient des pieds-de-biche pour forcer les accès. Le magistrat a qualifié les prévenus de menteurs et a souligné la gravité particulière des agissements du premier accusé.
Pour ce dernier, le parquet a requis 36 mois de prison dont 8 fermes, assortis d’un sursis probatoire de 24 mois et d’un placement immédiat en détention. Concernant le second prévenu, le procureur a demandé 12 mois d’emprisonnement dont 6 avec sursis probatoire.
La défense pointe les failles du dossier
Les avocats des prévenus ont méthodiquement contesté les éléments à charge. Me Aymeric Amand a relevé des incohérences dans les preuves établissant la présence de son client sur les lieux des cambriolages. Il a notamment souligné des anomalies concernant les bornages téléphoniques censés placer l’accusé sur les scènes de crime.
Me Alexis Julia a adopté une stratégie similaire, en démontrant que les captures d’écran et les données de localisation présentées par l’accusation manquaient de fiabilité. Selon lui, seuls 15 à 20 faits pouvaient être raisonnablement imputés à son client sur les 39 infractions initialement retenues.
Des condamnations nuancées après un long délibéré
Après une longue mise en délibéré, le tribunal a prononcé des peines sensiblement inférieures aux réquisitions du parquet, assorties de nombreuses relaxes. Le prévenu qui avait reconnu cinq infractions a été condamné à 12 mois de prison, dont 6 fermes avec sursis probatoire de deux ans. Sa peine sera aménagée sous forme de bracelet électronique.
Son coaccusé a bénéficié de 22 relaxes sur les 39 faits reprochés. Il écope néanmoins de 38 mois d’emprisonnement dont 24 avec sursis probatoire de deux ans, également aménageables sous bracelet électronique. Cette affaire avait déjà donné lieu à un précédent procès impliquant d’autres membres du réseau.
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