Un père et son fils condamnés après une course-poursuite de 1h15 et 70 km dans l’Arrageois pour échapper aux gendarmes avec du tabac de contrebande. Récit d’une fuite spectaculaire.

Course-poursuite dans l’Arrageois : 70 km de fuite pour du tabac de contrebande
Une heure et quart de traque pour un chargement illégal
Un père et son fils ont comparu vendredi devant le tribunal correctionnel d’Arras pour répondre de leur implication dans une course-poursuite hors norme qui a mobilisé cinq équipages de gendarmerie durant plus d’une heure début décembre. Les deux hommes, âgés de 20 et 39 ans, ont été jugés pour refus d’obtempérer après avoir semé le chaos sur 70 kilomètres dans la région arrageoise, relate La Voix du Nord.
Un contrôle routier qui dégénère
Le 8 décembre dernier, les militaires du peloton autoroutier effectuent un contrôle de routine au péage de Fresnes-les-Montauban, sur l’autoroute A1. C’est alors qu’un véhicule Audi A3 refuse de s’arrêter et prend la fuite à vive allure. Le conducteur engage alors une fuite effrénée qui va mobiliser les forces de l’ordre pendant plus d’une heure.
Le fuyard emprunte successivement plusieurs axes routiers : bretelle vers l’A26, péage de Thélus où il détruit la barrière, puis la RN 25 en direction d’Anzin et Dainville. Face à cette situation dangereuse, les militaires déploient des moyens importants avec cinq équipages mobilisés, dont le véhicule d’interception Alpine du peloton autoroutier.
Une cavale de 70 kilomètres
La fuite se poursuit sur la D919, traversant une dizaine de communes du Pas-de-Calais : Boiry-Sainte-Rictrude, Wailly, Rivière, Pommier, Humbercamps, Gaudiempré, Pas-en-Artois, Famechon et Thièvres. Les militaires déploient une herse routière sans parvenir à stopper le véhicule. Les équipes de la Somme sont mobilisées en renfort.
Après plus de 70 kilomètres et 1 h 15 de traque, l’Audi termine sa route dans le fossé à Talmas, dans la Somme. Les gendarmes y découvrent 22 kg de tabac de contrebande. Mais l’affaire ne s’arrête pas là : une Ford Focus suspecte surgit peu après sur les lieux. À son bord, le père du fugitif, venu porter secours à son fils après avoir reçu sa géolocalisation. Une nouvelle poursuite s’engage, rapidement interrompue par la crevaison d’un pneu du véhicule. Les forces de l’ordre y découvrent 11 kg supplémentaires de tabac et le conducteur initial de l’Audi.
Une affaire familiale lucrative
Les deux hommes effectuaient ce type de convoyage une fois par semaine entre la Somme et le Luxembourg. Chaque voyage leur rapportait entre 200 et 250 euros. Le fils, pourtant en arrêt maladie et sans antécédent judiciaire, s’était lancé dans ce trafic apparemment banal mais hautement risqué.
Durant la course-poursuite, père et fils sont restés en contact téléphonique pendant trente minutes. Le jeune conducteur a même diffusé une photo prise depuis l’intérieur de l’Audi sur Snapchat, illustrant une certaine déconnexion face à la gravité de la situation.
Des remords sincères mais tardifs
À la barre du tribunal d’Arras ce vendredi, les deux hommes ont reconnu l’intégralité des faits. Le jeune conducteur a expliqué sa panique : « J’ai tilté quand j’ai vu l’Alpine des gendarmes, je savais que c’était mort. J’avais peur de ne pas ramener la marchandise commandée ». Son père, rongé par la culpabilité, a admis avoir commis « la même erreur » que son fils sous l’effet de l’adrénaline.
La présidente du tribunal n’a pas manqué de rappeler la gravité des faits : « C’est surtout vous qui avez fait peur », soulignant les multiples infractions routières commises et les vies mises en danger, notamment celles des forces de l’ordre.
Un réseau de contrebande de tabac depuis le Luxembourg
L’enquête a révélé que les deux hommes effectuaient des allers-retours hebdomadaires entre la Somme et le Luxembourg pour transporter du tabac de contrebande. Chaque voyage leur rapportait entre 200 et 250 euros. Le jeune conducteur, en arrêt maladie au moment des faits, transportait cette fois 22 kg de tabac dans son Audi A3.
Lors de leur interpellation, 11 kg supplémentaires ont été découverts dans le véhicule du père venu en renfort. Les deux hommes ont reconnu effectuer ces trajets hebdomadaires, transformant ainsi une activité ponctuelle en trafic organisé.
Un père venu à la rescousse
L’enquête a révélé des éléments troublants sur l’organisation de cette fuite. Le jeune conducteur, paniqué, a envoyé sa position GPS à son père durant sa cavale. Ce dernier n’a pas hésité à prendre le volant de sa Ford Focus pour venir en aide à son fils, malgré une consommation récente de cannabis.
Les relevés téléphoniques montrent deux appels entre le père et le fils totalisant trente minutes durant la poursuite. Plus troublant encore, une photo prise depuis l’habitacle de l’Audi en pleine fuite a été publiée sur Snapchat, démontrant une certaine désinvolture face au danger.
Un bilan matériel et humain lourd
Au terme de cette folle équipée, les forces de l’ordre ont mobilisé cinq équipages différents. Les gendarmes ont dû emprunter des terre-pleins pour éviter les collisions, tandis que de nombreux usagers de la route se sont retrouvés en situation de danger. Les deux véhicules transportaient au total 33 kg de tabac de contrebande.
Le jeune conducteur, en arrêt maladie au moment des faits, a reconnu avoir paniqué en apercevant l’Alpine des gendarmes. Son père, testé positif au cannabis consommé quelques jours auparavant, était venu le secourir après avoir reçu sa géolocalisation. Les deux hommes effectuaient ce trafic hebdomadaire entre la Somme et le Luxembourg pour 200 à 250 euros par trajet.
Un jugement sans appel
Le tribunal correctionnel d’Arras n’a pas fait preuve d’indulgence. Malgré les plaidoiries des avocats Me Fouquart et Hembert, qui ont insisté sur le choc carcéral et les remords sincères, la juridiction a prononcé une condamnation à 15 mois de prison avec sursis pour chacun des prévenus. S’ajoutent l’annulation du permis de conduire, la confiscation des deux véhicules et des téléphones portables, ainsi que l’obligation de s’acquitter de l’amende douanière de 25 000 euros.
La présidente Julie Astorg a tenu à rappeler la gravité des faits : « Vous n’êtes pas libres, mais sous main de justice. Avec des obligations judiciaires. Si vous ne les respectez pas, c’est retour à la case détention ». Le message est passé. Dans le fond de la salle, la famille a poussé un soupir de soulagement, consciente que la sanction aurait pu être bien plus lourde.
(Merci Rudy van Cappellen)
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Il faut ĂŞtre complètement abruti, père et fils, quelle Ă©ducation…
Heureusement il n’y a pas eu de blessĂ©s, ça aurait pu ĂŞtre catastrophique….
Soutien indéfectible à toutes nos FDO mobilisées dans cette course poursuite