Une tentative d’escroquerie à l’assurance a tourné court à Parempuyre (Gironde). Un mineur de 17 ans, payé pour incendier une voiture, a perdu un œil lors de l’explosion. La propriétaire du véhicule, présente sur les lieux, a tenté de maquiller les faits en déposant plainte.

Gironde : l’arnaque à l’assurance tourne au désastre, l’incendiaire perd un œil
Une tentative de fraude aux conséquences lourdes. Un mineur de 17 ans a été grièvement blessé au visage alors qu’il incendiait un véhicule à la demande de sa propriétaire à Parempuyre. L’enquête de gendarmerie a mis au jour un pacte illégal conclu sur les réseaux sociaux, relate Sud-ouest.
C’est une opération criminelle qui s’est soldée par un fiasco total le 7 janvier dernier. Vers 22 heures, les sapeurs-pompiers sont intervenus pour un violent feu de parking souterrain à la résidence La Briqueterie, à Parempuyre.
Si l’intervention des soldats du feu a permis d’éviter la propagation aux étages, le bilan matériel reste conséquent : quatre voitures calcinées, des fumées envahissant les parties communes et l’évacuation d’urgence de plusieurs logements. Cinq habitants ont dû être relogés. Mais rapidement, l’origine accidentelle du sinistre a été écartée au profit d’une piste criminelle.
Trahis par un bidon d’essence
Sur la scène de crime, les gendarmes ont découvert un élément déterminant : un bidon d’essence abandonné. Les analyses de la police technique et scientifique ont permis d’isoler une trace ADN. Celle-ci a conduit les enquêteurs jusqu’à un adolescent de 17 ans résidant à Ambarès-et-Lagrave.
Lors de son identification, il est apparu que le suspect portait les séquelles physiques de son acte : le jeune homme a définitivement perdu l’usage d’un œil, blessé lors du déclenchement du feu.
100 euros pour détruire une DS3
Les investigations ont levé le voile sur les coulisses de cet incendie volontaire. La propriétaire d’une DS3 aurait recruté le mineur via le réseau social Snapchat. L’objectif : faire disparaître le véhicule par le feu pour toucher indûment l’indemnisation de l’assurance.
Le contrat prévoyait une rémunération de 100 euros pour l’exécutant. Le soir des faits, l’adolescent est passé à l’action, mais l’utilisation du carburant a provoqué une explosion immédiate. Le souffle a projeté des débris qui ont violemment atteint le jeune homme au visage.
Une fausse plainte pour couvrir les faits
L’enquête a également mis en lumière le comportement de la propriétaire du véhicule. Présente aux abords de la résidence, son téléphone ayant borné sur les lieux au moment de l’explosion, elle a assisté à la scène et pris la fuite en voiture immédiatement après la déflagration.
Malgré la blessure grave de son complice, elle s’est présentée à la gendarmerie le lendemain matin pour déposer plainte contre X, tentant de se faire passer pour une simple victime de dégradations.
Poursuites judiciaires
La commanditaire présumée a été déférée au parquet de Bordeaux ce mercredi 21 janvier. Elle sera jugée prochainement par le tribunal correctionnel. L’adolescent, quant à lui, a été placé sous contrôle judiciaire. Bien que gravement blessé, il devra répondre de ses actes devant le tribunal pour enfants pour incendie volontaire.
(Merci Rudy van Cappellen)
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