Paris : un homme de 58 ans a été maintenu en détention ce mardi, accusé d’avoir violenté et rendu aveugle le septuagénaire qui l’hébergeait. Retour sur une affaire d’emprise, de coups et de cohabitation toxique.

Paris : le locataire tyrannique soupçonné d’avoir rendu son logeur aveugle reste en prison
Un homme de 58 ans, mis en examen pour avoir violenté son propriétaire jusqu’à lui faire perdre la vue, a vu son maintien en détention confirmé par la justice ce mardi. L’enquête révèle un huis clos sordide sur fond d’emprise et d’abus de faiblesse dans le XXe arrondissement, relate Le Parisien.
C’est une affaire de violence à huis clos qui glace le sang. Un septuagénaire parisien aurait définitivement perdu l’usage de ses yeux sous les coups répétés de l’homme qu’il hébergeait. Le suspect, âgé de 58 ans, avait été mis en examen et placé en détention provisoire en juin dernier pour violences sur personne vulnérable ayant entraîné une infirmité permanente, ainsi que pour abus de faiblesse.
Ce mardi 20 janvier, la chambre de l’instruction a rejeté sa demande de remise en liberté. Le magistrat a souligné l’existence d’une « véritable emprise » et d’une « relation violente », corroborée par les témoignages du voisinage faisant état d’insultes et de bruits de rixes fréquents au domicile.
Un signalement médical décisif
Le calvaire de la victime a été mis au jour au début de l’été 2025 grâce à la vigilance du corps médical. Un médecin de la fondation Rothschild, établissement de référence en ophtalmologie, a alerté le parquet après avoir examiné le patient de 74 ans. Ce dernier présentait des lésions oculaires irréversibles causées par de violents traumatismes faciaux.
Ce n’était pas la première admission du retraité aux urgences pour des faits similaires ; c’était la troisième. Outre les blessures aux yeux, les soignants ont relevé de multiples hématomes sur son corps. Interrogé par les enquêteurs, le septuagénaire a fini par briser le silence, désignant son colocataire comme l’auteur des sévices.
Une cohabitation sous terreur
L’enquête a rapidement mis en lumière les conditions de vie dégradantes imposées au propriétaire des lieux. Le suspect, un certain Khereddine, s’était approprié la chambre de l’appartement, reléguant son hôte sur le canapé du salon.
Se présentant comme entrepreneur dans le bâtiment, le quinquagénaire vivait en réalité du RSA et passait ses journées au domicile sans verser de loyer. Les investigations financières ont révélé une dépendance totale : la victime subvenait à l’ensemble des besoins de son bourreau, allant jusqu’à payer ses factures téléphoniques. Le 17 juin, la police a investi les lieux pour interpeller l’individu, décrit comme étant devenu extrêmement agressif.
Un lourd passé judiciaire
Face aux juges, le profil du suspect pèse lourd. Son casier judiciaire porte la trace de quatorze condamnations antérieures, principalement pour des délits routiers, mais également pour des faits de violences conjugales, de soustraction d’enfant et d’appels malveillants.
Dans le box des accusés, l’homme à la barbe grise a nié l’intégralité des faits. Dénonçant un « coup monté » et des mensonges, il a clamé son innocence : « Je ne suis ni un criminel, ni un voyou ».
La défense plaide l’accident éthylique
L’avocate de la défense, Me Delphine Malapert, a tenté de semer le doute sur la matérialité des preuves, soulignant l’absence de témoins oculaires directs des violences. Elle décrit le mode de vie des deux hommes comme une vie de « patachon » et avance la thèse de l’accident. Selon la défense, les blessures du septuagénaire pourraient résulter de chutes violentes dues à une alcoolisation quotidienne, une version jugée « parfaitement plausible » par le conseil.
L’avocate a également suggéré une manipulation de la victime par une tierce personne, une certaine Claudine, qui aurait des vues sur le logement. Enfin, mettant en avant l’état de santé dégradé de son client qui vivrait « l’enfer en détention », elle a annoncé son intention de solliciter une expertise médicale pour contester son incarcération.
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