Deux sœurs ont été violemment séquestrées dans le coffre d’une voiture à Saint-Brieuc sur fond de stupéfiants. L’appel discret de l’une d’elles à la police a permis leur sauvetage in extremis et l’arrestation de quatre hommes, désormais écroués.

Saint-Brieuc : ligotées dans un coffre de voiture, deux sœurs échappent au pire grâce à un téléphone dissimulé
Un guet-apens d’une rare violence a secoué Saint-Brieuc dans la nuit du mercredi 21 au jeudi 22 janvier. Enlevées, frappées et enfermées dans le coffre d’un véhicule, deux sœurs ont vécu des heures d’angoisse avant d’être libérées par les forces de l’ordre. Le sang-froid de l’une des victimes, qui a réussi à alerter le 17 en cachette, a été déterminant. Quatre suspects ont été placés en détention provisoire.
La soirée a basculé dans l’horreur pour deux jeunes femmes, l’une majeure et l’autre mineure, relate Le Télégramme. Ce qui devait être une simple rencontre s’est transformé en une véritable scène de banditisme. Le rendez-vous avait été fixé par un homme d’une vingtaine d’années, une connaissance des deux sœurs. Ce Briochin, défavorablement connu des services de police, ne s’est pas présenté seul. Il était accompagné de trois complices originaires de Rennes, recrutés spécialement via les réseaux sociaux pour participer à cette expédition moyennant rémunération.
Un mobile sur fond de trafic de stupéfiants
Le piège s’est refermé brutalement sur les victimes. Selon les premiers éléments de l’enquête, les ravisseurs soupçonnaient l’aînée des deux sœurs de détenir une importante quantité de drogue et d’argent liquide à son domicile. Persuadés qu’elle s’adonnait à la revente de cannabis pour le compte d’un tiers, les quatre hommes avaient planifié de la faire “parler” et de la dépouiller.
La violence s’est immédiatement déchaînée : les deux jeunes femmes ont été frappées, ligotées et bâillonnées avant d’être jetées de force dans le coffre d’une voiture. Le commando a alors pris la direction du logement des victimes pour y mener une perquisition sauvage.
L’appel au secours depuis le coffre
Durant le trajet, alors qu’elle était entravée dans l’espace exigu du coffre, l’une des sœurs a réussi un geste salvateur. Elle avait parvenu à dissimuler son téléphone portable dans ses sous-vêtements au moment de l’agression. Profitant de l’obscurité et du bruit du véhicule, elle a composé le 17 (Police Secours). Au bout du fil, elle a pu murmurer des informations cruciales permettant à l’opérateur de géolocaliser le véhicule en mouvement.
Arrivés au domicile des victimes, les malfaiteurs ont séparé les deux sœurs. L’une a été maintenue captive dans le coffre, tandis que l’autre a été contrainte de monter dans l’appartement sous la menace. Les suspects ont mis le logement à sac, cherchant frénétiquement les produits stupéfiants qu’ils convoitaient, en vain.
Interpellation et détention provisoire
Guidés par la géolocalisation et les indications de la victime, les policiers ont investi les lieux rapidement. Ils ont découvert la jeune femme restée dans la voiture, toujours ligotée au ruban adhésif. Le conducteur a été interpellé sur le champ. Grâce à ses aveux immédiats, les forces de l’ordre ont pu cueillir les trois autres complices à l’intérieur de l’immeuble et libérer la seconde victime.
Bien que physiquement indemnes, les deux sœurs sont en état de choc profond. « Elles se sont vues mourir », rapporte une source proche du dossier.
À l’issue de leur garde à vue, les quatre mis en cause ont été déférés ce vendredi 23 janvier devant le parquet. Le juge des libertés et de la détention a ordonné leur placement en détention provisoire. Ils devront répondre de leurs actes ce mardi 27 janvier dans le cadre d’une comparution immédiate. Poursuivis notamment pour enlèvement, séquestration, violences aggravées et menaces de mort, ils encourent jusqu’à dix ans d’emprisonnement. Ils restent présumés innocents.
(Merci Fabrice Guérault)
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