Suite à la condamnation définitive de Jean-Marc Morandini, Jordan Bardella a donné la consigne stricte aux élus du Rassemblement national de ne plus se rendre sur le plateau de CNews. Une décision qui marque une rupture inédite entre le parti et l’émission.

CNews : Jordan Bardella décrète le boycott de l’émission de Jean-Marc Morandini
Alors que la chaîne d’information CNews a choisi de maintenir Jean-Marc Morandini à l’antenne malgré sa condamnation définitive par la Cour de cassation, le président du Rassemblement national change de stratégie. Jordan Bardella a intimé l’ordre à ses élus de déserter le plateau de l’animateur, mettant fin à une exception politique qui isolait le parti.
C’est une décision qui marque un tournant dans la communication du Rassemblement national (RN) vis-à -vis du groupe Canal+. Selon plusieurs sources concordantes, Jordan Bardella a tranché : les porte-parole et parlementaires du mouvement ne sont plus autorisés à participer à l’émission Morandini Live, relate Le Point. Cette directive intervient dans un climat de tension médiatique, quelques jours après la confirmation par la justice, le mercredi 14 janvier, de la condamnation de l’animateur pour corruption de mineurs.
Une consigne stricte transmise aux cadres
Si dans les premières heures suivant le verdict, le parti semblait hésiter sur la conduite à tenir, la ligne est désormais claire. La consigne a été relayée en fin de semaine dernière par Victor Chabert, le directeur de la communication du RN. Le message est sans appel : le boycott doit être total.
Cette reprise en main met un terme au flottement observé jeudi 15 janvier, date à laquelle l’eurodéputé Matthieu Vallet s’était rendu sur le plateau de l’animateur, au lendemain même de la décision de la Cour de cassation. Une présence qui avait suscité l’incompréhension, alors que l’ensemble de la classe politique avait déjà pris ses distances.
« Une situation intenable »
En interne, ce revirement est accueilli avec soulagement par une partie de l’état-major. Jusqu’ici, les instances dirigeantes du RN tentaient de minimiser l’affaire, renvoyant la responsabilité à la direction de la chaîne. Jean-Philippe Tanguy, président délégué du groupe à l’Assemblée, avait initialement botté en touche, qualifiant l’événement de problème interne aux journalistes.
Pourtant, le malaise était palpable. « Cette situation était insupportable », confie sous couvert d’anonymat un parlementaire influent du mouvement, satisfait de voir le parti s’aligner sur une position éthique plus ferme.
Le RN rejoint le cordon sanitaire
Avec cette décision, le Rassemblement national s’aligne finalement sur la stratégie adoptée par la quasi-totalité du spectre politique. Depuis les premières décisions de justice en 2022, le plateau de Jean-Marc Morandini était progressivement devenu une zone interdite pour les représentants de la gauche (LFI en tête), mais aussi pour les élus Les Républicains et les membres de la coalition présidentielle.
Le RN faisait figure de dernière exception notable, continuant d’alimenter les débats de la tranche matinale de CNews. Ce n’est désormais plus le cas, isolant un peu plus l’animateur vedette de la chaîne.
Première friction avec la sphère Bolloré ?
Au-delà de l’affaire judiciaire, ce boycott constitue un signal politique fort. Il matérialise le premier désaccord public entre Jordan Bardella et la direction de la chaîne d’information, propriété du groupe de Vincent Bolloré. Si Marine Le Pen avait par le passé exprimé sa méfiance envers ce qu’elle qualifiait de « ZNews » lors de la campagne présidentielle de 2022, les relations s’étaient depuis normalisées, le RN bénéficiant d’une visibilité normale sur ces antennes.
Ce coup d’arrêt interroge désormais sur l’évolution des rapports entre le premier parti d’opposition et le canal 16, à l’heure où l’image et la respectabilité sont au cœur de la stratégie de Jordan Bardella.
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