À Avesnes-sur-Helpe, un homme de 34 ans condamné pour trafic et tirs sur des gendarmes a quitté le tribunal avant le verdict. Mandat d’arrêt.

Condamné pour trafic et tirs sur des gendarmes, il s’échappe du tribunal d’Avesnes-sur-Helpe
Un homme de 34 ans, jugé pour vente illégale de marchandises et pour avoir tiré sur des gendarmes lors de son interpellation fin 2025, a quitté le tribunal avant l’énoncé de la décision. Un mandat d’arrêt a été délivré pour exécuter la peine.
Un départ juste avant l’énoncé du jugement
Vendredi soir, peu après 20 heures, les magistrats reviennent en salle d’audience à Avesnes-sur-Helpe (Nord) pour rendre leur décision. Sur le banc de la défense, seul l’avocat est présent : le prévenu, lui, a quitté le palais de justice avant le verdict, alors qu’il se savait exposé à une peine de prison ferme, relate La Voix du Nord.
Le tribunal prononce une condamnation à deux ans d’emprisonnement ferme, assortie d’un an avec sursis. La juridiction ordonne également plusieurs obligations et interdictions, dont une inéligibilité pendant cinq ans, une interdiction de détenir une arme pendant cinq ans, ainsi qu’une interdiction de gérer une société.
La décision s’inscrit dans une ligne relativement proche des réquisitions du parquet, qui avait demandé quatre ans d’emprisonnement, dont un an avec sursis probatoire sur deux ans.
Une interpellation tendue le 30 décembre 2025
L’affaire remonte au 30 décembre 2025. Ce jour-là , une opération est menée tôt le matin, vers 6 heures, pour interpeller l’homme, suspecté d’avoir organisé un trafic mêlant contrefaçons et tabac. Plusieurs gendarmes interviennent au domicile.
Au cours de l’intervention, un militaire essuie trois tirs d’un pistolet dit « gomme-cogne », une arme de défense utilisant des projectiles en caoutchouc. À l’audience, la présidente souligne qu’aucun drame ne s’est produit, évoquant le sang-froid des gendarmes et leur capacité à identifier l’arme au bruit.
Le prévenu, lui, soutient ne pas avoir compris qu’il s’agissait de gendarmes au moment des faits et affirme avoir cru à une agression. Une explication contestée par les militaires constitués partie civile, l’un d’eux rappelant l’équipement employé lors de l’intervention, portant de façon visible la mention « gendarmerie nationale », notamment au sein du dispositif de type PSIG.
Une enquête partie d’annonces sur les réseaux sociaux
Les investigations, menées en 2025 par les gendarmes de Bavay, s’appuient notamment sur des annonces diffusées sur les réseaux sociaux. D’après les éléments évoqués à l’audience, différents produits et documents y étaient proposés : tabac, vêtements, parfums, chèques énergie, faux contrôles techniques, ainsi que des feux d’artifice.
Le ministère public décrit un prévenu déjà condamné à deux reprises dans le passé pour des faits liés à des trafics de contrefaçons et de tabac, et estime qu’il ne pouvait ignorer l’illégalité des activités reprochées.
Train de vie examiné et sommes en cause
Lors de l’audience, l’examen des comptes met en avant un train de vie jugé incompatible avec la situation déclarée du prévenu, présenté comme demandeur d’emploi et père de trois enfants. Plus de 12,000 euros de sommes non identifiées sont relevés, ainsi que des dépenses de loisirs, dont des week-ends à 600 euros, et un niveau de revenus évoqué à l’audience comme un « salaire » estimé à 3,500 euros mensuels.
Le dossier rappelle aussi une amende douanière antérieure de 61,000 euros. À cela s’ajoutent 2,300 euros à verser aux gendarmes parties civiles. À l’issue du procès, la fuite du condamné ouvre désormais une phase de recherche, sous le coup du mandat d’arrêt.
(Merci Rudy van Cappellen)
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Je ne comprends pas comment cet individu, accompagnĂ© de son avocat, Ă pu s’enfuir…