En Seine-Saint-Denis, deux jumeaux monozygotes sont jugés pour meurtres et tentatives de meurtre. Leur ADN identique complique l’identification du tireur lors d’une fusillade.

ADN identique, justice face à une impasse : deux jumeaux jugés en Seine-Saint-Denis
Deux frères jumeaux comparaissent devant la justice en Seine-Saint-Denis, poursuivis pour meurtres et tentatives de meurtre. Particularité majeure du dossier : leur gémellité monozygote rend leur ADN indiscernable, compliquant l’identification de celui qui aurait été présent lors d’une fusillade à Saint-Ouen en octobre 2020, relate Le Parisien.
Deux séquences criminelles au cœur du dossier
Les deux frères, désignés par les initiales Samuel et Jeremy Y., sont jugés aux côtés de trois autres personnes. Dans ce dossier, la justice examine un double meurtre commis en septembre 2020, ainsi que plusieurs tentatives de meurtre lors d’une fusillade survenue le 3 octobre 2020 à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).
Selon les éléments discutés au procès, les deux jumeaux sont soupçonnés d’avoir joué un rôle dans la préparation des faits de septembre. Concernant la fusillade d’octobre, l’enquête considère que la présence de l’un des deux frères ce jour-là est établie, sans pouvoir attribuer cette présence à l’un plutôt qu’à l’autre.
L’ADN ne permet pas de mettre un prénom sur un profil
Le point de blocage provient de la biologie elle-même : Samuel et Jeremy Y. sont des jumeaux monozygotes, issus d’un même œuf fécondé, et partagent donc un patrimoine génétique identique. Dans ces conditions, une analyse génétique classique ne permet pas de distinguer leurs profils.
À l’audience, l’expert ayant analysé l’ADN relevé sur une Kalachnikov présentée comme liée à la fusillade s’est limité à conclure à la présence de « l’un des frères Y. ». Un responsable de la brigade criminelle a, de son côté, indiqué qu’il n’avait pas été possible d’attribuer formellement ces traces à l’un des deux individus nommément.
Des habitudes de “brouillage” évoquées à l’audience
Les enquêteurs décrivent un contexte où la ressemblance des deux frères aurait été exploitée. Le commandant Dumas a notamment expliqué que les jumeaux échangeraient vêtements, lignes téléphoniques et documents d’identité, ajoutant que « seule leur mère pourrait les différencier », selon ses déclarations rapportées lors des débats.
Ces éléments sont versés au dossier pour éclairer la difficulté d’identification et la manière dont certaines vérifications auraient pu être déjouées ou compliquées au fil de l’enquête.
Téléphonie, vidéosurveillance, écoutes : les autres preuves recherchées
Faute de pouvoir départager les deux profils par l’ADN, les investigations se sont appuyées sur d’autres moyens : exploitation de la téléphonie, analyses de vidéosurveillance, écoutes et recoupements d’horaires et de déplacements.
Le procès doit se poursuivre jusqu’à fin février. À l’issue des débats, la juridiction devra apprécier l’ensemble des éléments matériels et contextuels, au-delà de la seule preuve génétique, pour déterminer les responsabilités pénales éventuelles.
(Merci Rudy van Cappellen)
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