Fraude présumée dans le BTP en Île-de-France : quatre roumains mis en examen à Paris. Travail dissimulé, fausses factures, virements vers l’Est, saisies et numéraire.

Blanchiment présumé dans le BTP : quatre mis en examen, un système évalué à 360 millions d’euros
Une enquête financière visant des entrepreneurs, pour la plupart de nationalité roumaine, a conduit à des interpellations à Paris, en Essonne et en Roumanie. La justice soupçonne un montage mêlant travail dissimulé, sociétés écrans et fausses factures, pour un blanchiment estimé à trois cent soixante millions d’euros, relate Le Parisien.
Un dossier ouvert après des flux jugés atypiques
Trois hommes et une femme, âgés de quarante à cinquante ans, ont été mis en examen ce vendredi à Paris pour blanchiment en bande organisée. Ils sont soupçonnés d’avoir mis en place, depuis 2019, un dispositif de fraude et de blanchiment actif à Paris, en Essonne et plus largement en Île-de-France.
L’enquête a été confiée à la brigade de recherches et d’investigations financières (BRIF) après un signalement lié à des mouvements bancaires considérés comme atypiques. Les flux repérés concernaient des sociétés rattachées au secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP).
Travail dissimulé, sociétés écrans et fausses factures
Selon les éléments de la procédure, la mécanique décrite s’appuie sur des sous-traitants de chantiers employant des salariés non déclarés. En parallèle, des structures soupçonnées d’être fictives auraient été créées, sans activité réelle en lien avec leur objet social.
Ces entités auraient émis de fausses factures avant d’effectuer des virements vers des pays d’Europe de l’Est, afin d’évacuer une partie des capitaux. Des “petites mains” auraient aussi gravité autour du dispositif, au bénéfice de ressortissants travaillant dans le BTP, d’après une source proche du dossier.
Une estimation à 360 millions d’euros, avec une part d’argent liquide
Les investigations financières ont conduit les enquêteurs à estimer à trois cent soixante millions d’euros le montant blanchi via ces circuits. Une partie des sommes aurait été décaissée pour rémunérer en espèces des ouvriers non déclarés, tandis qu’une autre aurait été récupérée pour des dépenses personnelles, selon les mêmes éléments.
Une première vague d’interpellations s’était déjà déroulée au cours de l’année deux mille vingt-cinq. La procureure nationale anticriminalité organisée, Vanessa Perée, a par ailleurs indiqué qu’une part de l’argent en cause proviendrait du trafic de stupéfiants.
Interpellations, saisies et suites judiciaires
De nouvelles interpellations ont eu lieu mardi, notamment à Paris et aux Ulis (Essonne), mais aussi en Roumanie, aux domiciles de certains suspects. Neuf personnes ont été placées en garde à vue dans des locaux situés porte de Clichy, à Paris.
Lors des perquisitions, des saisies de biens immobiliers, de véhicules et de comptes bancaires ont été réalisées. Les enquêteurs ont également découvert deux cent mille euros en numéraire.
Au cours des auditions, plusieurs suspects auraient minimisé leur implication. La femme mise en cause, présentée comme étant en périphérie du dossier selon une source proche de l’enquête, a été placée sous contrôle judiciaire. Les avocats contactés n’ont pas souhaité commenter, l’affaire étant couverte par le secret de l’instruction.
(Merci Patrick)
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