À Bobigny, une aide-soignante de l’hôpital Avicenne affirme avoir été menacée de garde à vue par une patiente policière. Plainte, réactions de l’AP-HP et d’un député.

Incident aux urgences d’Avicenne : une aide-soignante porte plainte après des menaces présumées
Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 8 février, une aide-soignante des urgences de l’hôpital Avicenne affirme avoir été menacée et filmée par une fonctionnaire de police venue comme patiente. Une plainte a été déposée, l’AP-HP condamne les faits rapportés et un syndicat demande une enquête interne.
Une scène rapportée lors de la prise de poste
L’aide-soignante, qui témoigne sous un prénom d’emprunt, explique avoir commencé son service à 7 heures et effectué le tour des patients avec un collègue. Elle indique avoir alors échangé avec une patiente qui, selon elle, n’apparaissait plus sur la liste de prise en charge, celle-ci étant enregistrée comme “sortante” et dans l’attente d’un proche, relate Le Parisien.
D’après son récit, la patiente lui aurait demandé à parler à un médecin, puis aurait rapidement contesté son attitude. L’aide-soignante affirme que la patiente s’est présentée comme officier de police judiciaire, lui demandant son identité et évoquant une possible garde à vue si elle ne s’exécutait pas.
Vidéo, appel et arrivée de policiers : ce que décrit la plaignante
Toujours selon la plaignante, la patiente aurait montré une carte de police, puis sorti son téléphone pour la filmer. Elle dit avoir d’abord cru à une mise en scène, évoquant le fait que les urgences reçoivent parfois des patients tenant des propos incohérents ou se prévalant de fonctions qu’ils n’exercent pas.
Elle affirme toutefois qu’une dizaine de minutes plus tard, plusieurs policiers se sont présentés à l’accueil et ont demandé à contrôler son identité. D’après elle, sa responsable a rappelé l’absence de réquisition et le fait qu’aucune infraction n’était caractérisée, et les agents seraient finalement repartis.
Réaction syndicale et position de l’AP-HP
Dans un communiqué daté du 16 février, le syndicat Usap-CGT de l’AP-HP rapporte que des collègues se seraient rassemblés “face à ces pressions et aux menaces d’interpellation” afin de soutenir l’aide-soignante et de rappeler le cadre légal applicable aux professionnels hospitaliers. Le syndicat demande notamment l’ouverture d’une enquête administrative interne et des clarifications sur les conditions d’intervention des forces de l’ordre au sein d’un service hospitalier.
L’AP-HP indique de son côté condamner fermement le comportement décrit, précisant qu’une plainte a été déposée. L’établissement public dit également apporter son soutien à l’aide-soignante et mentionne qu’un accompagnement psychologique lui a été proposé. Selon les éléments rapportés, la policière mise en cause ne serait pas affectée en Seine-Saint-Denis.
Un signalement au procureur
Le 18 février, le député Aly Diouara (LFI), élu de la circonscription, a adressé un signalement au procureur de la République. Il souligne que les établissements de santé assurent la continuité du service public dans un contexte de forte tension, particulièrement en Seine-Saint-Denis, et estime que les personnels doivent pouvoir travailler sans intimidation. L’élu appelle à établir précisément les faits et à rappeler un cadre d’intervention clair, proportionné et formalisé lorsque les forces de l’ordre interviennent à l’hôpital.
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