À Calais, cinquante infirmières libérales se sont équipées du boîtier anti-agression “Angela” après une hausse des violences. Initié par la mairie à la suite d’une agression grave en octobre 2025, ce dispositif sonore dissuasif change le quotidien des soignants.

À Calais, des infirmières libérales s’arment d’un boîtier anti-agression pour exercer en sécurité
Face à une recrudescence des violences à l’encontre des soignants à domicile, la mairie de Calais a déployé le dispositif “Angela” : un boîtier d’alarme sonore de poche destiné à dissuader les agresseurs. Cinq mois après son lancement, une cinquantaine de professionnels de santé en sont déjà équipés.
Un contexte marqué par des violences répétées
Les infirmières libérales exerçant à domicile font partie des professionnels de santé les plus exposés aux agressions. Seules, souvent dans des environnements peu fréquentés, elles interviennent chez des patients dont l’entourage peut parfois se montrer violent. C’est précisément ce scénario qui a conduit la ville de Calais à agir, relate Ici Nord.
Le 17 octobre 2025, Charlotte, infirmière libérale, est victime d’une agression particulièrement brutale dans une résidence fermée accueillant des personnes âgées. Rouée de coups dans un secteur isolé, elle crie au secours sans que personne ne l’entende. Cet épisode traumatisant sera le déclencheur d’une prise de conscience locale.
“Angela”, un boîtier aussi petit qu’un badge
En réponse directe à cet événement, la municipalité calaisienne a mis en place le dispositif “Angela”. Il s’agit d’un petit boîtier blanc, de la taille d’un badge d’identification, que les soignants peuvent porter sur eux en toute discrétion. En cas de danger, il suffit de l’activer pour déclencher une alarme sonore puissante, audible à plusieurs dizaines de mètres à la ronde — de quoi alerter le voisinage et faire fuir un agresseur potentiel.
Depuis son déploiement, une cinquantaine d’infirmiers et professionnels de santé ont adopté cet équipement. Pour Lucie Capp, infirmière libérale à Calais, l’effet psychologique est immédiat : savoir qu’une solution existe en cas d’agression change profondément le rapport au risque lors des interventions à domicile.
“Si j’avais eu ce boîtier, j’aurais été secourue plus vite”
Charlotte, dont l’agression a directement motivé la création du dispositif, est aujourd’hui l’une de ses premières bénéficiaires. Elle souligne qu’une alarme sonore aurait pu alerter le passant qui, ce jour-là , n’avait pas entendu ses appels à l’aide. Une intervention plus rapide aurait peut-être limité la gravité des blessures subies.
Son témoignage illustre un constat plus large : les violences envers les infirmières libérales, longtemps minimisées, sont désormais reconnues comme un phénomène en progression. Ses collègues le confirment, évoquant une banalisation inquiétante des comportements agressifs de la part de certains patients ou de leur entourage.
Self-défense et équipement : une réponse en deux volets
Le boîtier n’est pas la seule mesure adoptée par les professionnelles de santé calaisienness. Plusieurs d’entre elles ont également rejoint des cours de self-défense, dans une démarche individuelle de préparation au danger. Une approche complémentaire qui traduit une volonté de ne plus subir, mais d’anticiper.
Le dispositif “Angela” à Calais pourrait servir de modèle à d’autres communes confrontées au même problème. Alors que la sécurité des soignants à domicile reste un angle mort des politiques de santé publique, cette initiative locale démontre qu’une réponse concrète et peu coûteuse est possible.
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Très bonne initiative ce boĂ®tier pour les infirmières, infirmiers…. Le corps mĂ©dical devrait en ĂŞtre Ă©quipĂ© car mĂŞme des mĂ©decins peuvent se faire agresser…