Face à l’afflux de migrants clandestins en provenance du Bangladesh, l’Inde envisage de déployer serpents et crocodiles dans les zones frontalières non sécurisées. Un projet insolite officiellement à l’étude par la Force de sécurité aux frontières, qui soulève autant de questions qu’il en résout.

Serpents et crocodiles comme gardes-frontières : l’Inde explore une piste inédite contre l’immigration clandestine
Pour combler les lacunes d’une frontière avec le Bangladesh longue de plus de 4 000 kilomètres, dont une large partie reste incontrôlable, les autorités indiennes étudient une option aussi surprenante que radicale : mobiliser des reptiles sauvages pour dissuader les traversées illégales.
Une frontière naturelle difficile à sécuriser
La frontière qui sépare l’Inde du Bangladesh constitue l’un des défis sécuritaires les plus complexes du sous-continent. Sur plus de 4 000 kilomètres, elle emprunte en grande partie des deltas fluviaux issus de l’Himalaya, des zones marécageuses et des étendues de mangroves, autant d’espaces naturels où l’installation de clôtures se révèle techniquement ardue, voire impossible.
Dans le seul État du Bengale-Occidental, qui partage une frontière directe avec le Bangladesh, à peine 1 647 des 2 216 kilomètres que compte cette ligne sont effectivement protégés par des barrières physiques, selon les chiffres officiels de New Delhi. Les intervalles restants, formés par des cours d’eau et des zones humides, demeurent des points de passage privilégiés pour les migrants clandestins.
Des reptiles à la place des soldats : une idée officiellement à l’étude
C’est précisément pour combler ces brèches naturelles qu’une idée pour le moins insolite a émergé au sein des instances sécuritaires indiennes, relate Le Parisien. Manoj Barnwal, officier supérieur de la Force de sécurité aux frontières (BSF), a confirmé à l’agence de presse internationale AFP que l’hypothèse d’un déploiement de serpents et de crocodiles dans ces zones non sécurisées est bien à l’ordre du jour.
Selon lui, le scénario a fait l’objet d’une discussion formelle en février dernier, lors d’une réunion au quartier général de la BSF. Les unités déployées sur le terrain ont depuis été chargées d’évaluer la faisabilité concrète d’une telle approche et de remettre leurs conclusions dans les meilleurs délais.
Des obstacles logistiques et humains considérables
Si l’idée a le mérite d’exister, les autorités elles-mêmes reconnaissent qu’elle soulève un nombre conséquent de questions non résolues. « C’est une idée innovante, mais elle génère de nombreux défis, notamment en matière de sécurité », a admis l’officier Barnwal. Parmi les interrogations soulevées : comment se procurer les animaux en quantité suffisante, et surtout, quelles seraient les conséquences pour les populations civiles qui résident à proximité immédiate de la frontière ?
Les villages riverains, souvent situés à quelques centaines de mètres des zones concernées, pourraient en effet être exposés à des risques directs liés à la présence de ces prédateurs. Une équation sécuritaire complexe, qui pourrait bien disqualifier le projet avant même son éventuelle mise en œuvre.
Un contexte politique et diplomatique sous tension
Cette initiative s’inscrit dans une politique migratoire très ferme portée par le gouvernement nationaliste hindou de Narendra Modi, au pouvoir depuis 2014. La lutte contre l’immigration clandestine, en particulier en provenance du Bangladesh — pays à forte majorité musulmane — figure parmi les priorités affichées de l’exécutif indien.
Les relations bilatérales entre les deux pays se sont par ailleurs sensiblement dégradées depuis la chute, en 2024, de l’ancienne Première ministre bangladaise Sheikh Hasina, contrainte à l’exil en Inde après avoir été renversée. Dans ce contexte tendu, le nouveau ministre des Affaires étrangères bangladais, Khalilur Rahman, issu du gouvernement formé au lendemain des élections législatives de février, a effectué sa première visite officielle à New Delhi, marquant une tentative prudente de normalisation diplomatique.
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Bonjour , habillés les animaux , en douaniers , et , le tour est joué ! Cordialement .