Selon une étude inédite publiée par l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, 64,4% des livreurs de repas en France sont en situation irrégulière. Location de compte, 63 heures de travail hebdomadaire, rémunération à moins de 6 € de l’heure… Un secteur marqué par une précarité structurelle documentée pour la première fois.

Livreurs de repas en France : deux tiers sans titre de séjour, des conditions de travail bien en deçà du SMIC
Une étude inédite publiée par l’Observatoire de l’immigration et de la démographie lève le voile sur le profil des livreurs de repas actifs en France. Résultat : une écrasante majorité d’entre eux est en situation irrégulière, soumise à des cadences épuisantes et rémunérée à un taux horaire qui représente moins de la moitié du SMIC en vigueur.
Un secteur presque exclusivement composé d’immigrés récents
Les chiffres de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID) sont sans appel, relate Valeurs actuelles. Selon cette étude publiée fin mars, 98,7% des livreurs de repas exerçant en France pour des plateformes numériques sont nés à l’étranger, et la quasi-totalité d’entre eux est arrivée sur le territoire national après le 1er janvier 2014. En d’autres termes, il s’agit quasi exclusivement d’une immigration de très fraîche date.
Parmi eux, 80% seraient originaires du continent africain, en particulier d’Afrique de l’Ouest. La Guinée, le Sénégal et la Côte d’Ivoire figurent parmi les pays les plus représentés. Cette concentration géographique illustre des dynamiques migratoires bien précises, dans lesquelles la livraison à domicile constitue souvent le premier — et unique — emploi accessible à l’arrivée en France.
64% de livreurs sans titre de séjour
C’est le chiffre le plus marquant de cette étude : 64,4% des livreurs de repas sont en situation administrative irrégulière. Pour la grande majorité d’entre eux, la livraison à vélo représente leur seule source de revenus sur le territoire français.
L’enquête de l’OID révèle par ailleurs un élément révélateur sur les perspectives de ces travailleurs : plus de neuf livreurs sans papiers sur dix affirment qu’ils abandonneraient cette activité s’ils venaient à être régularisés. Ce chiffre illustre à lui seul le caractère contraint de cette situation professionnelle, davantage subie que choisie.
La location de compte, un système illégal généralisé
Bien qu’elle soit formellement interdite par les plateformes de livraison, la pratique de la location de compte s’est imposée comme un mode de fonctionnement courant dans ce secteur. Concrètement, un titulaire de compte — généralement en règle — le loue à un tiers sans papiers, qui effectue les livraisons à sa place moyennant une commission prélevée chaque mois.
Selon les données recueillies par l’OID, 73,5% des livreurs interrogés ont recours à ce système. La somme versée mensuellement au propriétaire du compte s’élève en moyenne à 528 euros, directement déduits des revenus du livreur. Ce mécanisme, qui s’apparente à une forme de sous-traitance informelle, amplifie considérablement la précarité économique de ces travailleurs.
Des horaires épuisants et une rémunération largement inférieure au SMIC
Au-delà du statut administratif, c’est la réalité quotidienne de ces livreurs qui interpelle. En moyenne, ils travaillent 63 heures par semaine, et 90% d’entre eux prestent au moins huit heures par jour. Quatre livreurs sur cinq exercent six à sept jours sur sept, sans repos hebdomadaire garanti.
Pour cette charge de travail, la rémunération brute mensuelle moyenne s’établit à 1 480 euros, ce qui correspond à un taux horaire de 5,83 euros bruts. À titre de comparaison, le SMIC horaire brut en vigueur en France au 1er janvier 2026 est fixé à 12,02 euros — soit plus du double. Cette étude inédite confirme ainsi l’existence d’une zone de non-droit économique au cœur d’un secteur pourtant visible dans chaque ville de France.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.








donc les patron ou responsables de ces sociĂ©tĂ© de livraison sont hors la lois, espĂ©rons que ces personnes seront très sĂ©vèrement punis, et quand aux clandestins, qu’ils soient rapatriĂ© chez eux, et avec leur paye (Ă©quivalente au Smic, payĂ© par leurs employeurs)
NUNEZ Ministre de l’IntĂ©rieur veut en rĂ©gulariser et encore 150 Migrants sans papiers sont logĂ©s dans Paris par le Maire Emmanuel GrĂ©goire de gauche, dans un gymnase dans le 15 ème arrdt de Paris sans demander au Maire son accord et ce gymnase est prĂ©s de la Tour Eiffel, et vu la faune un peu plus ou moins ,mais les habitants du quartier seront envahis ,ils ont voter GAUCHE