Un homme de 65 ans a tiré à la carabine à plomb sur un enfant de 10 ans à Espaly-Saint-Marcel, en Haute-Loire, tout en proférant des insultes racistes. Placé en garde à vue, il a été libéré et convoqué pour violences avec arme. Les témoins et riverains dénoncent des années de harcèlement.

Haute-Loire : un homme tire à la carabine à plomb sur un enfant de 10 ans lors d’une scène à caractère raciste à Espaly-Saint-Marcel
Un sexagénaire a poursuivi une dizaine d’enfants armé d’une carabine à plomb dans un quartier d’Espaly-Saint-Marcel, en Haute-Loire, blessant un garçon de 10 ans au mollet. Placé en garde à vue, il a été remis en liberté le lendemain et n’a été que convoqué pour violences avec arme. Les habitants du quartier dénoncent un comportement raciste récurrent resté sans réponse institutionnelle.
Un dimanche après-midi qui vire au cauchemar
Le dimanche 19 avril 2026, vers 15 heures, dans le quartier résidentiel de l’Arbousset à Espaly-Saint-Marcel — commune limitrophe du Puy-en-Velay — une dizaine d’enfants âgés de 6 à 11 ans jouaient en bas de leur immeuble. Un résident du lotissement, âgé de 65 ans, serait alors sorti de chez lui armé d’une carabine à plomb, relate Le Progrès. Selon plusieurs témoins, il a couru après les enfants en hurlant des injures à caractère raciste, avant de mettre en joue un garçon de 10 ans et de faire feu.
Le projectile aurait atteint l’enfant au mollet. Hospitalisé dans la foulée, le garçon s’est vu prescrire trois jours d’incapacité totale de travail (ITT). Sa tante, profondément ébranlée, a confié à la presse locale : «Mon neveu a eu tellement peur. Il a cru qu’il allait mourir.» Une voisine, alertée par les cris des enfants depuis son appartement, a immédiatement contacté les forces de l’ordre : «Je l’ai vu les menacer avec la carabine, j’étais choquée.»
Une version des faits contestée par le parquet
Interpellé rapidement, le sexagénaire a été placé en garde à vue au commissariat du Puy-en-Velay. Sa version diverge radicalement de celle des témoins : en audition, il a affirmé qu’il s’entraînait au tir dans son garage lorsque des enfants l’auraient insulté, et qu’il aurait ensuite tiré en l’air depuis sa fenêtre. À ce stade de la procédure, selon le parquet, «aucun élément ne permet d’établir qu’il a tiré directement sur les enfants, ni que des insultes racistes ont été proférées». La source policière a également relevé l’absence de plaie constatée sur l’enfant, ce qui contraste avec le témoignage de la famille faisant état d’un impact au mollet.
À l’issue de sa garde à vue, le lundi 20 avril, l’homme a été remis en liberté et fait l’objet d’une simple convocation par officier de police judiciaire pour «violences avec arme», sans retenue de la circonstance aggravante liée au mobile raciste. Son retour dans le quartier a immédiatement ravivé les tensions : plusieurs voisins affirment qu’il les aurait de nouveau insultés dès sa sortie de garde à vue.
Un voisinage sous pression depuis des mois
Pour les habitants de l’Arbousset, l’incident du 19 avril n’est pas une surprise. Une voisine directe du mis en cause, installée dans le quartier depuis un peu plus d’un an, témoigne d’un harcèlement raciste continu : injures répétées, jets d’objets sur son fils de 8 ans, propos dégradants à chaque croisement dans les parties communes. Dans une vidéo filmée quelques jours avant les faits — et consultée par la presse régionale — l’intéressé y déclarait sans équivoque assumer et revendiquer ses positions racistes.
Des faits encore plus anciens sont également rapportés par des riverains : démontage d’un banc de résidence pour en interdire l’usage à certains habitants, agression au bâton d’un enfant de trois ans et départ contraint d’une femme d’origine syrienne qui ne supportait plus les insultes en bas de sa boîte aux lettres. La tante du garçon blessé affirme avoir alerté les élus de la commune à de nombreuses reprises, sans résultat tangible.
La mairie entre prudence et impuissance
Contactée, Christiane Mosnier, maire d’Espaly-Saint-Marcel, a reconnu l’inacceptabilité de la situation tout en invitant à la prudence : elle indique attendre la confirmation officielle de la dimension raciste des faits par les services de police. Elle précise néanmoins que la mairie avait déjà sollicité l’Office public d’aménagement et de construction de Haute-Loire (Opac 43), gestionnaire des logements sociaux de l’Arbousset, pour tenter de reloger le sexagénaire — une démarche qui, selon ses propres mots, «prend du temps».
Une adjointe municipale chargée de la cohésion sociale s’était également déplacée dans le quartier quelques semaines avant les faits pour tenter d’apaiser les tensions. Pour les familles concernées, ces initiatives sont apparues insuffisantes et trop tardives. L’une des voisines, épuisée, confie redouter désormais pour sa sécurité et celle de ses enfants au quotidien.
Une plainte déposée… la veille
Un détail aggrave le sentiment d’abandon ressenti par les habitants : la veille même des tirs, cette même voisine s’était rendue au commissariat du Puy-en-Velay pour déposer une plainte contre son voisin pour injures racistes. On lui a demandé de «repasser dans la semaine», faute d’effectifs suffisants le week-end. Le lendemain, son fils et les enfants du quartier se retrouvaient sous la menace d’une carabine.
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