En enquêtant sur un logisticien soupçonné de fraude fiscale, les douanes françaises ont découvert plus de 3 500 armes blanches — couteaux, étoiles de ninja, cannes-épées — stockées dans des entrepôts d’Île-de-France. Le préjudice est estimé à 10 millions d’euros.

3 511 armes blanches saisies en Île-de-France : les douanes dévoilent un trafic à 10 millions d’euros
En menant une enquête pour fraude fiscale sur un logisticien francilien, les agents de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières ont mis au jour un vaste stock d’armes blanches dissimulé dans plusieurs entrepôts de la région parisienne. Derrière ce réseau : une société chinoise pilotant des structures-écrans pour contourner les droits de douane.
Une enquête fiscale qui révèle un arsenal inattendu
Tout a commencé par une suspicion de fraude fiscale, relate Ici Paris Île-de-France. Les enquêteurs de la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières) s’intéressaient à un logisticien opérant en Île-de-France lorsqu’ils ont fait une découverte pour le moins surprenante : plus de 3 500 armes blanches entreposées dans des locaux de la région, en mars 2026.
L’annonce officielle a été faite mercredi 22 avril, dans un communiqué des douanes françaises, révélant l’ampleur d’une opération bien rodée et organisée depuis l’étranger.
Couteaux, étoiles de ninja et cannes-épées : un stock varié d’armes de catégorie D
Au total, ce sont précisément 3 511 armes de catégorie D qui ont été mises sous scellés. Le lot comprenait notamment des couteaux à cran d’arrêt de grande taille, des étoiles de ninja, des couteaux papillons ainsi que des cannes-épées dissimulant une lame intégrée — des armes prohibées à la vente libre en France sans autorisation spécifique.
Ces articles étaient stockés dans les entrepôts d’un grossiste qui les écoulait ensuite sur les marchés. Ce dernier était déjà connu des services douaniers pour des importations de contrefaçons, et ne disposait d’aucune des autorisations requises par la réglementation française.
Un réseau piloté depuis la Chine via des sociétés-écrans
Les investigations ont permis d’identifier une société chinoise à l’origine du dispositif. Celle-ci transmettait ses instructions à un intermédiaire logistique français chargé d’acheminer les marchandises sur le territoire. Pour contourner les droits et taxes à l’importation, le réseau s’appuyait sur des sociétés-écrans françaises pilotées à distance par ce groupe chinois, une technique classique d’optimisation frauduleuse des flux commerciaux.
Le préjudice total causé à l’État par cette fraude est estimé à 10 millions d’euros par les services douaniers.
Une saisie qui s’inscrit dans une tendance nationale préoccupante
Cette opération illustre une réalité documentée par les statistiques douanières : en 2025, les douanes françaises avaient déjà procédé à la saisie de 919 armes blanches et de 1 061 armes à feu sur l’ensemble du territoire. La saisie de mars 2026 dépasse à elle seule le bilan annuel précédent, soulignant la montée en puissance de ces trafics dissimulés derrière des opérations commerciales apparemment légitimes.
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