Vendredi 24 avril 2026, deux drones ont livré la prison de Perpignan en plein jour. Fouilles, saisies de téléphones et de matériel électronique, interpellation d’un pilote : les syndicats dénoncent l’échec cuisant des dispositifs de sécurité.

Perpignan : deux drones livrent la maison d’arrêt en plein jour, un pilote interpellé par la BAC
Vendredi 24 avril 2026, vers 10 heures du matin, deux drones ont pénétré dans l’espace aérien du centre de détention de Perpignan. L’un d’eux est parvenu à larguer un colis au troisième étage de l’établissement, directement au-dessus des salles d’activité. Les fouilles déclenchées dans la foulée ont mis au jour téléphones portables, appareils électroniques et bandeaux LED destinés à baliser les zones de livraison nocturnes. Un des deux pilotes aurait été appréhendé par la brigade anticriminalité.
Un largage en pleine matinée qui stupéfie le personnel pénitentiaire
C’est en milieu de matinée que les surveillants ont constaté la présence de deux drones au-dessus de la maison d’arrêt de Perpignan, relate L’Indépendant. L’un des appareils a réussi à déposer un colis au troisième étage de la détention, juste au-dessus des salles d’activité, profitant de l’absence de dispositif physique de protection à cet endroit précis.
Le syndicat UFAP UNSa Justice a immédiatement dénoncé cet incident en soulignant son caractère inédit. Jamais encore une telle opération n’avait été menée en plein jour, selon les représentants syndicaux, qui évoquent une audace nouvelle de la part des trafiquants : « On n’avait jamais vu ça avant. Ils n’ont même plus peur. »
Douze cellules fouillées, un arsenal saisi
En réponse à cet incident, les équipes de l’établissement ont procédé sans délai à la fouille de douze cellules. Le bilan est lourd : trois téléphones portables, une chicha traditionnelle, quatre chichas électroniques, trois boîtiers IPTV, une console de jeux non déclarée et cinq chargeurs ont été découverts et confisqués.
Parmi les objets saisis, les bandeaux LED ont tout particulièrement retenu l’attention. Selon les syndicats, ces dispositifs lumineux auraient été utilisés pour baliser les zones de largage et guider les pilotes lors de livraisons effectuées de nuit, transformant les cellules en véritables balises d’atterrissage.
Des failles structurelles connues et toujours non corrigées
Pierre Grousset, délégué de l’UFAP UNSa Justice, pointe en premier lieu une lacune architecturale signalée depuis des années : l’absence de caillebotis au niveau des salles d’activité. Ces grilles métalliques, qui couvrent habituellement les espaces extérieurs pour prévenir les projections, n’ont jamais été installées à cet endroit, facilitant ainsi les livraisons aériennes.
Le responsable syndical remet également en cause l’efficacité du système anti-drone déployé dans l’établissement, dont le coût aurait été considérable, mais qui se révèle visiblement incapable de contrer des appareils de plus en plus performants. Il dénonce par ailleurs un relâchement des sanctions internes : la détention de téléphones portables, pourtant strictement interdite, ne donnerait plus systématiquement lieu à un placement en quartier disciplinaire, mais à de simples avertissements.
Un écart criant entre discours officiel et réalité du terrain
Ces constats terrain contrastent directement avec les annonces formulées par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui avait pourtant promis des « fouilles XXL » et affiché un objectif de « zéro téléphone en détention ». Les représentants syndicaux estiment que ces engagements restent lettre morte face aux réalités du quotidien pénitentiaire.
Un pilote de drone interpellé par la BAC
À la suite des faits, des équipes de la brigade anticriminalité sont intervenues aux abords de l’établissement. Selon les informations disponibles, l’un des deux pilotes des drones aurait été interpellé. L’enquête se poursuit pour établir l’ensemble des circonstances et identifier d’éventuels complices, tant à l’extérieur qu’au sein de la détention.
(Merci Yann Bourguignon)
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Magnifique le système anti-drones !!
Je trouve anormal que n’importe quel individu puisse dĂ©tenir un drone…
Ça devient catastrophique, du grand n’importe quoi au niveau des prisons..
Il serait vraiment grand temps de rĂ©agir face Ă cette dĂ©linquance…