Un employé de chantier a déversé 800 litres d’hydrocarbures et de décapant dans un ruisseau à Cahagnes (Calvados). Le maire est intervenu, les pompiers ont été mobilisés.

Calvados : 800 litres d’hydrocarbures déversés dans un ruisseau, le maire ferme lui-même la vanne
Un employé de chantier a vidé lundi soir une cuve de 800 litres d’un mélange toxique d’hydrocarbures et de décapant directement dans un ruisseau à Cahagnes, près de Villers-Bocage. Alerté en urgence, le maire de la commune a stoppé le déversement de ses propres mains. L’auteur des faits a été signalé au procureur de Caen.
Un témoin donne l’alerte, le maire arrive le premier
C’est en fin d’après-midi ce lundi, aux alentours de 18h30, qu’un riverain a contacté la gendarmerie après avoir observé un homme en train de vider le contenu d’une cuve directement dans un ruisseau situé sur le territoire de Cahagnes, commune du Calvados d’environ 1 400 habitants, non loin de Villers-Bocage.
Sollicité en urgence par les forces de l’ordre, le maire de la commune, Guillaume Dujardin, s’est rendu sur place en premier, relate Ici Calvados. Face à lui, un individu continuait son opération, apparemment indifférent aux conséquences de son geste. L’élu a pris la décision de fermer lui-même la vanne de la cuve, chargée sur un camion, et a interpellé l’homme directement. Ce dernier, ressortissant albanais, aurait indiqué travailler pour le compte d’une entreprise du secteur caennais et venait d’achever un chantier dans la commune.
Un mélange d’hydrocarbures et de décapant pour toiture
Les premières analyses ont rapidement confirmé la nature dangereuse du liquide répandu : il s’agissait d’un mélange composé d’eau, d’hydrocarbures et de décapant pour toiture. La couleur inhabituelle de l’eau et une forte odeur de fuel avaient d’emblée alerté le maire sur la réalité de la pollution.
Les sapeurs-pompiers du SDIS du Calvados sont intervenus pour contenir la propagation des substances dans cet affluent de la Drôme. Des boudins absorbants et des feuilles buvards ont été déployés le long du cours d’eau afin de retenir les hydrocarbures et les matières acides. Des tests de pH ont également été effectués sur place. Selon les premières constatations, la situation semblait sous contrôle dans les heures qui ont suivi l’intervention.
Aucun poisson mort, mais une surveillance maintenue
À ce stade, aucune mortalité piscicole n’a été constatée dans la zone concernée. La station de pompage d’eau potable de Cormolain, gérée par le syndicat mixte de production Sud-Bessin regroupant 66 communes entre Balleroy et les Monts d’Aunay, n’aurait subi aucune conséquence directe selon son président.
Néanmoins, le secteur reste placé sous la surveillance de l’Office français de la biodiversité (OFB), chargé d’évaluer l’impact environnemental à plus long terme sur le cours d’eau et les espèces qui y vivent.
L’auteur des faits convoqué en gendarmerie, le parquet saisi
Les faits ont été portés à la connaissance du procureur de la République de Caen. L’auteur du déversement, employé salarié d’une entreprise professionnelle, devra répondre de ses actes devant la gendarmerie lors d’une prochaine convocation.
Le maire de Cahagnes, encore visiblement sous le choc, a exprimé sa ferme condamnation de ce comportement et a appelé à des sanctions exemplaires, tant à l’égard de l’individu mis en cause que de la société qui l’employait. Le déversement délibéré de substances polluantes dans un cours d’eau est passible de poursuites pénales en droit français au titre du Code de l’environnement.
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