Trois suspects interpellés par le GIGN après 21 home-jackings ciblant des personnes âgées dans six départements. Préjudice estimé à plus de 300 000 €.

Vingt-et-un home-jackings dans six départements : la gendarmerie démantèle un réseau criminel ciblant des personnes âgées
Après quatre mois d’une enquête complexe mobilisant plus d’une centaine de gendarmes, trois gens du voyage soupçonnés d’avoir terrorisé des retraités à leur domicile ont été interpellés à l’aube du 29 mai 2026 dans l’Yonne. Placés en détention provisoire, ils répondront de 33 infractions devant le tribunal correctionnel de Melun le 23 juillet prochain.
Une première affaire qui révèle un réseau rodé
Tout commence dans la nuit du 18 au 19 janvier 2026, relate La République de Seine-et-Marne. Des malfaiteurs s’introduisent par effraction au domicile d’un homme de 71 ans et le contraignent, réveillé en pleine nuit, à leur remettre bijoux et espèces. La brigade de recherches (BR) de Provins, en Seine-et-Marne, est immédiatement saisie. Une enquête de flagrance est ouverte sous l’autorité du procureur de la République du tribunal judiciaire de Melun.
Rapidement, les premières investigations révèlent une réalité bien plus large. Les suspects utilisent plusieurs véhicules, adoptent un mode opératoire élaboré et opèrent exclusivement de nuit. Leur terrain de chasse s’étend sur six départements : la Seine-et-Marne, l’Aube, l’Yonne, la Haute-Marne, la Nièvre et le Loiret.
Des victimes soigneusement choisies, des infractions multiples
Les enquêteurs établissent que le groupe cible en priorité des personnes âgées vivant seules, particulièrement vulnérables face à ce type d’agression nocturne. Mais les home-jackings ne sont pas leur seule activité criminelle : les suspects sont également impliqués dans des vols de gazole non routier (GNR) au préjudice d’exploitants agricoles, ainsi que dans des vols de câbles destinés aux réseaux ADSL.
Face à l’ampleur du phénomène, à la gravité des faits et au professionnalisme apparent des mis en cause, le magistrat référent en matière de criminalité organisée au tribunal de Melun décide de confier la direction d’enquête à la BR de Provins, avec une co-saisine de la section de recherches de Reims. Un groupe de travail spécifique est simultanément constitué au sein de la compagnie de gendarmerie de Provins, par décision du commandant de la région de gendarmerie d’Île-de-France.
Le GIGN en renfort pour une interpellation sans blessé
Après quatre mois d’investigations et de surveillance opérationnelle, les suspects sont formellement identifiés et leur mode opératoire entièrement reconstitué. En raison de la dangerosité évaluée des individus, le GIGN de Versailles-Satory est engagé pour conduire les arrestations, soutenu par un hélicoptère et les pelotons de surveillance et d’intervention de Seine-et-Marne et de l’Aube. Au total, c’est plus d’une centaine de militaires qui ont été mobilisés, de la phase d’enquête jusqu’à l’opération finale.
Le vendredi 29 mai 2026, à 5 h 30, trois gens du voyage âgés d’une trentaine d’années, tous déjà connus de la justice, sont interpellés dans l’Yonne sans qu’aucun blessé ne soit à déplorer. Placés immédiatement en garde à vue, ils font l’objet de perquisitions à leurs domiciles permettant la saisie de plusieurs véhicules.
Plus de 300 000 € de préjudice, quarante victimes
Le lundi 1er juin, les trois mis en cause sont déférés au parquet de Melun. Présentés au juge des libertés et de la détention, ils sont placés en détention provisoire dans l’attente de leur jugement fixé au 23 juillet 2026 devant le tribunal correctionnel.
Ils devront répondre de 33 infractions, dont association de malfaiteurs, 21 home-jackings, vols de carburant, vols de véhicules et d’accessoires. Le préjudice total est estimé à plus de 300 000 euros, causé au détriment d’une quarantaine de victimes réparties sur l’ensemble des départements concernés.
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