Le tribunal de Laval condamne deux hommes à de la prison ferme pour le pillage de 15 cimetières en Mayenne et Ille-et-Vilaine. 84 ornements volés, 70 000 € de préjudice.

Laval : deux hommes condamnés à de la prison ferme pour le pillage de quinze cimetières
Jugés par le tribunal correctionnel de Laval, deux ressortissants roumains ont été condamnés à des peines de prison ferme assorties d’un mandat de dépôt pour le vol de dizaines d’ornements funéraires en bronze et la violation de sépultures dans quinze cimetières de Mayenne et d’Ille-et-Vilaine. Un verdict qui clôt une affaire au retentissement particulier pour les familles des défunts.
Des faits commis à travers deux départements
Selon les informations de Jean-Marc Morandini, le premier prévenu, âgé de 32 ans, a été condamné à trois ans d’emprisonnement ferme. Son complice, 34 ans, a quant à lui écopé de deux ans et demi. Les deux hommes, déjà connus des services judiciaires pour des faits similaires et présents en France depuis plusieurs années, devaient répondre de vols en réunion accompagnés de dégradations et de violations de sépultures, qualifications retenues par le parquet de Laval.
Le ministère public avait requis des peines plus sévères — respectivement cinq et quatre ans de prison ferme — assorties d’une interdiction de séjour sur le territoire français. Le tribunal a prononcé des condamnations en deçà de ces réquisitions, tout en maintenant le mandat de dépôt.
84 ornements dérobés pour un butin revendu à peine 2 000 euros
Lors de leur garde à vue, les deux hommes ont reconnu avoir subtilisé au total 84 statuettes et ornements en bronze répartis sur six cimetières de Mayenne et neuf cimetières d’Ille-et-Vilaine. Le préjudice matériel a été évalué à 27 000 euros lors de l’audience.
Le butin, qui n’a jamais été retrouvé, avait été revendu pour une somme dérisoire d’environ 2 000 euros, probablement auprès de récupérateurs de métaux. Un écart saisissant entre la valeur des objets dérobés et le produit tiré de leur revente illicite.
Plus de 70 000 euros de dommages et intérêts pour les victimes
Au-delà des peines d’emprisonnement, le tribunal a condamné les deux hommes à verser plus de 70 000 euros de dommages et intérêts à l’ensemble des victimes. Parmi les soixante familles concernées, quarante-neuf s’étaient constituées parties civiles au procès, témoignant du traumatisme profond causé par la profanation de tombes de leurs proches.
Le pillage de sépultures va en effet bien au-delà du simple vol de métal : il constitue une atteinte à la mémoire des défunts et inflige une douleur supplémentaire aux familles endeuillées, souvent démunies face à la destruction ou la disparition d’ornements chargés d’une valeur sentimentale irremplaçable.
Un phénomène récurrent qui mobilise la justice
Cette condamnation s’inscrit dans un contexte plus large de recrudescence des vols dans les cimetières français, où les ornements funéraires en bronze — vases, plaques, anges, croix — constituent une cible privilégiée en raison de la valeur marchande du métal. Les juridictions de plusieurs régions ont eu à connaître de dossiers similaires ces dernières années, conduisant les parquets à adopter une ligne ferme face à ces infractions qui touchent directement la dignité des morts et la paix des familles.
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