Affaire Lyhanna : Nuñez ordonne une enquête de commandement et la mutation de deux gendarmes après des défaillances révélées dans le traitement de la plainte de Rosa.

Affaire Lyhanna : le ministre de l’Intérieur ordonne une enquête de commandement et la mutation de deux gendarmes
Des défaillances institutionnelles graves dans le suivi de la plainte de la jeune Rosa ont conduit Laurent Nuñez à prendre des mesures disciplinaires inédites visant la gendarmerie du Gers et le parquet d’Auch, dans le sillage de la mort de Lyhanna.
Des mesures fortes après un rapport accablant
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé ce lundi l’ouverture d’une enquête de commandement destinée à établir les responsabilités individuelles de chaque acteur impliqué dans le traitement de la plainte déposée en août 2025 par la mère de la petite Rosa. Cette décision fait suite à la publication d’un pré-rapport d’inspection, diligenté dans le sillage de la mort de Lyhanna, qui révèle de profondes failles dans la chaîne judiciaire et « policière ».
En parallèle, le ministre a annoncé que le directeur d’enquête et le commandant de compagnie de Condom, dans le Gers, feraient l’objet d’une mutation d’office dans l’intérêt du service. Ces deux gendarmes seront également écartés de tout poste impliquant l’exercice de la police judiciaire, relate Le Figaro.
Une première phase saluée, une seconde jugée défaillante
Le pré-rapport d’inspection trace une ligne de fracture nette entre deux phases distinctes du traitement de l’affaire. Dans un premier temps, la brigade de gendarmerie de Plaisance-du-Touch et le parquet de Toulouse ont conduit des investigations jugées diligentes, efficaces et proactives, avec une attention particulière portée à Rosa, à l’écoute de sa situation et à la pédagogie dans l’accompagnement.
Tout bascule lors du transfert de la procédure vers le parquet d’Auch, territorialement compétent. Ce passage de relais a provoqué une rupture de continuité dans le suivi du dossier, entraînant une perte de perception du danger réel et de l’urgence de la situation. Les mécanismes de contrôle et de priorisation sont décrits comme défaillants, et l’accompagnement institutionnel de la victime comme nettement insuffisant au regard des enjeux.
Huit appels à l’aide restés sans réponse
Laurent Nuñez pointe un élément particulièrement accablant : malgré huit appels à l’aide adressés par la mère de Rosa, le dossier est resté sans aucun acte d’enquête ni de contrôle depuis le 14 février. Le ministre évoque un « manque de discernement avéré » de la part des intervenants de la brigade de Lectoure, en charge de l’enquête à ce stade.
La stratégie d’investigation a également été remise en cause. Selon le rapport, la volonté de consolider le dossier avant de procéder au placement en garde à vue de Jérôme Barella — un suspect qui avait déjà échappé deux fois aux poursuites — a conduit à reléguer ce dossier au second plan, au profit d’autres missions jugées prioritaires sur le moment. C’est ce manque de discernement collectif, combiné à des défaillances individuelles non corrigées, que le ministre place au cœur de sa mise en cause.
Des sanctions disciplinaires à venir
Si les mutations d’office constituent une première réponse immédiate, le ministre prévient que les conclusions définitives de l’enquête de commandement détermineront l’ensemble des mesures disciplinaires nécessaires. Des sanctions individuelles supplémentaires ne sont pas exclues. Laurent Nuñez souligne que les défaillances collectives constatées n’ont pas permis de corriger les manquements individuels, notamment au sein du parquet d’Auch et de la brigade de Lectoure — deux institutions placées au cœur des critiques du rapport d’inspection.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.




