À Saint-Étienne, un tunisien condamné à 12 mois de prison pour avoir frappé sa femme qu’il empêchait d’apprendre le français afin de la maintenir sous emprise.

Saint-Étienne : il bat sa femme qui s’est inscrite à des cours de français sans sa permission
Un homme a été condamné par le tribunal correctionnel de Saint-Étienne pour des violences conjugales répétées sur plusieurs années. Le point de départ : l’inscription de son épouse à des cours de français, qu’il n’avait pas autorisée. Une affaire qui met en lumière les mécanismes d’emprise et d’isolement dont sont victimes certaines femmes étrangères en France.
Une emprise construite sur l’isolement linguistique
Pendant près de trois ans, une femme d’origine tunisienne a vécu sous la domination totale de son mari à Saint-Étienne. Entre le 30 juillet 2022 et le 12 février 2025, elle a subi des violences répétées : coups, gifles, tentatives d’étranglement et menaces de mort. Des faits graves, commis au sein du foyer conjugal, dans le département de la Loire, relate Le Progrès.
La victime, née en Tunisie, se trouvait dans une situation de dépendance totale vis-à-vis de son époux. Ne maîtrisant pas la langue française, elle était coupée de toute autonomie, dans l’incapacité de s’intégrer, de travailler ou simplement de chercher de l’aide. Son mari avait parfaitement conscience de ce levier de contrôle.
« Il ne m’avait pas donné l’autorisation »
C’est lorsque la jeune femme a décidé de s’inscrire à des cours de français que la situation a basculé. Son mari, refusant qu’elle acquière une quelconque indépendance, s’est opposé violemment à cette démarche. Selon les déclarations de la victime devant le tribunal, il estimait devoir donner son accord pour une telle initiative — comme pour toute décision la concernant.
Cette phrase, prononcée à l’audience, résume à elle seule le degré d’emprise exercé : apprendre la langue du pays dans lequel elle vivait lui était interdit. Un isolement délibéré, entretenu par la menace et la violence physique.
Des violences sur plusieurs années, une condamnation ferme
Les faits, qualifiés de violences conjugales habituelles, ont été reconnus par le tribunal correctionnel de Saint-Étienne. Le prévenu a été condamné à douze mois d’emprisonnement, dont six mois fermes, assortis d’une amende de 2 000 euros.
Cette affaire illustre un phénomène documenté par les associations de lutte contre les violences faites aux femmes : le recours à l’isolement linguistique comme outil de domination. En privant leur conjointe de la maîtrise de la langue locale, certains auteurs de violences s’assurent que leurs victimes restent incapables de porter plainte, de comprendre leurs droits ou de trouver des ressources pour s’en sortir.
Un jugement qui rappelle la réalité de l’emprise
La condamnation prononcée à Saint-Étienne envoie un signal judiciaire clair : l’emprise conjugale, qu’elle soit physique ou psychologique, est reconnue et sanctionnée par les tribunaux français. Pour les victimes en situation d’isolement linguistique, des dispositifs d’aide existent, notamment via les associations locales et le numéro national 3919, dédié aux femmes victimes de violences.
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