Un ex-gendarme du GIGN de Reims, jugé pour un tir mortel lors d’une interpellation en 2018, est acquitté une seconde fois. La légitime défense confirmée.

Deuxième acquittement pour l’ex-gendarme du GIGN de Reims : la légitime défense définitivement retenue
Un ancien militaire de l’antenne GIGN de Reims, jugé pour avoir mortellement blessé d’une balle dans la nuque un homme de 23 ans lors d’une tentative d’interpellation nocturne dans le Pas-de-Calais en 2018, a été acquitté une seconde fois le 18 juin 2026 par la cour d’assises d’appel du Nord siégeant à Douai. La légitime défense a été retenue. Le parquet général n’ayant pas formé de pourvoi en cassation, cet acquittement est désormais définitif.
Une interpellation nocturne mouvementée
Dans la nuit du 27 au 28 septembre 2018, douze militaires de l’antenne GIGN de Reims sont mobilisés pour interpeller trois individus suspectés d’une série de vols dans les Hauts-de-France. La cible principale : Henri Lenfant, 23 ans, ferrailleur originaire du Pas-de-Calais, rentrant à bord d’une BMW série 1 en compagnie de deux complices.
L’opération se déroule sur un terrain vague de Fouquières-lez-Lens, aux alentours de 3 h 30 du matin. Si les deux passagers se laissent maîtriser sans résistance majeure, Henri Lenfant, lui, reste cramponné au volant. Face à la difficulté d’extraire le conducteur, un adjudant monte à genoux sur le siège passager, portière ouverte, pistolet au poing. Il parvient à relever le frein à main, mais le véhicule redémarre, effectuant des embardées, menaçant de projeter le militaire hors de l’habitacle. Dans ce moment, il tire. Touché d’une balle dans la nuque, Henri Lenfant décède peu après. Il était père de deux fillettes âgées de trois et six ans.
Un premier acquittement confirmé en appel
Jugé en première instance par la cour criminelle départementale du Pas-de-Calais à Saint-Omer, l’adjudant avait été acquitté le 22 février 2024. Le parquet général avait alors fait appel de cette décision. Lors du second procès, ouvert le 15 juin 2026 à Douai, le représentant du ministère public a de nouveau requis la condamnation du militaire, soutenant qu’il aurait pu agir autrement : tirer au plafond pour créer un effet de surprise, ou viser les jambes plutôt que la tête.
Malgré ces réquisitions, jugées indulgentes au regard des faits reprochés — le parquet ne demandait que quatre ans de prison dont trois avec sursis, sans interdiction d’exercer dans la fonction publique —, la cour d’assises d’appel a rendu le 18 juin 2026, à 23 h 30, un verdict identique à celui de 2024 : acquittement pour légitime défense.
La plaidoirie qui a convaincu les jurés
La défense, assurée par Maître Sébastien Busy, avocat marnais, a misé sur l’empathie et la reconstitution mentale des faits. Invitant chaque juré à s’imaginer à genoux sur un siège passager, dans une voiture lancée et incontrôlable, portière battante, il a posé la question centrale du procès : que faire face à la peur viscérale de mourir ? Les jurés ont suivi ce raisonnement, concluant que le gendarme avait agi en état de légitime défense, sans autre choix raisonnable pour préserver sa vie, rapporte La Voix du Nord.
À l’annonce du verdict, les proches d’Henri Lenfant ont laissé éclater leur colère, dans un contexte sécurisé par un important dispositif policier.
Une carrière marquée mais une décision définitive
Âgé aujourd’hui de 46 ans, l’adjudant avait intégré l’antenne GIGN de Reims en septembre 2016, cinq mois après sa création consécutive aux attentats de Paris. Décoré en mars 2018 après avoir été grièvement blessé — 17 points de suture au visage — lors de l’arrestation de trafiquants d’armes, ce sous-officier décrit par sa hiérarchie comme ayant une carrière « plus qu’honorable » avait dû quitter l’unité d’élite après sa mise en examen. Depuis, sous contrôle judiciaire et interdit de port d’arme, il exerce dans un service administratif de la gendarmerie.
Maître Busy a indiqué que son client, « soulagé que cette affaire se termine », reste toutefois marqué « du point de vue humain par le drame que vit la famille ». Le parquet général ayant renoncé à tout recours en cassation, l’affaire est désormais définitivement close sur le plan judiciaire.
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Très bien pour ce gendarme. Fini les tracasseries. Pace é Salute.