À Paris, une femme de 61 ans au RSA stockait 41 kg de drogue dans son HLM. Quatre suspects mis en examen après six mois d’enquête dans la cité de la Banane.

Paris XXe : une sexagénaire au RSA cachait 356 000 euros de drogue dans son appartement HLM
Quatre personnes ont été mises en examen à Paris pour trafic de stupéfiants après six mois d’enquête menée par la police judiciaire. Au cœur du dispositif : une femme de 61 ans, bénéficiaire du RSA, qui servait de « nourrice » à un réseau opérant depuis la cité de la Banane, dans le XXe arrondissement.
Un renseignement anonyme à l’origine de l’enquête
Tout commence par une information confidentielle transmise aux enquêteurs, signalant qu’un appartement de la rue des Amandiers, dans le XXe arrondissement de Paris, serait utilisé comme point de stockage de stupéfiants, relate Le Parisien. Le 6 janvier, une patrouille de police interpelle par hasard un individu à proximité de l’adresse et découvre sur lui près d’un kilogramme de résine de cannabis. La piste est confirmée.
Deux jours plus tard, les enquêteurs du troisième district de police judiciaire déploient un dispositif de surveillance vidéo devant l’immeuble concerné. Pendant six mois, les caméras enregistrent un va-et-vient ininterrompu de trafiquants entrant et sortant du logement pour s’approvisionner ou y déposer des marchandises. L’exploitation des données téléphoniques et des fichiers de police permet d’identifier trois complices résidant dans la même rue ou à proximité immédiate.
41 kg de drogue et 2 000 euros en liquide saisis au domicile
Mardi, au terme de cette longue phase d’observation, les policiers passent à l’action. Quatre personnes âgées de 30 à 61 ans sont interpellées simultanément dans le secteur. La perquisition menée au domicile de la sexagénaire livre un résultat saisissant : 41 kilogrammes de résine de cannabis, 500 grammes de cocaïne, 300 grammes d’amphétamines, ainsi que 2 000 euros en espèces. À la valeur marchande au détail, ce stock représente environ 356 000 euros.
Parmi les trois hommes arrêtés, l’un d’eux, âgé d’une trentaine d’années, affiche un casier judiciaire fourni et venait tout juste d’être remis en liberté. Les quatre suspects ont été placés en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire, avenue du Maine, dans le XIVe arrondissement.
La sexagénaire reconnaît les faits, ses complices nient
Présentée devant un juge d’instruction, la femme de 61 ans, bénéficiaire du RSA, a reconnu avoir accepté de stocker les stupéfiants pour « arrondir ses fins de mois ». Elle a été remise en liberté sous contrôle judiciaire à l’issue de sa comparution. Deux de ses co-mis en examen ont en revanche été incarcérés, tandis que le quatrième a également été placé sous contrôle judiciaire. Un cinquième individu, contacté par les forces de l’ordre en marge de l’affaire, devait se constituer prisonnier dans les jours suivants. Les autres suspects ont, pour leur part, nié toute participation ou invoqué une présence fortuite sur les lieux.
La cité de la Banane, un quartier à l’histoire criminelle chargée
Ce démantèlement s’inscrit dans un contexte de délinquance persistante autour de la cité de la Banane. Ce secteur du XXe arrondissement est depuis longtemps associé à des affaires de trafic de drogues, de violences entre groupes rivaux et de règlements de comptes. En novembre 2024, un homme de 47 ans, connu des services de police comme figure du milieu local, avait été retrouvé mort dans le hall d’un immeuble du quartier, après avoir été battu et étranglé. Plus récemment, un réseau de livraison de stupéfiants à domicile à l’échelle de toute l’Île-de-France, géré par trois frères originaires du secteur sur le modèle d’un centre d’appels, avait été démantelé par les autorités.
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