Un garçon de 10 ans mis en examen à Saint-Brieuc pour tentative de meurtre et de viol sur une joggeuse de 22 ans.

Saint-Brieuc : un enfant de dix ans mis en examen pour tentative de meurtre et de viol sur une jeune femme
Un garçon de dix ans et demi a été mis en examen à Saint-Brieuc après avoir reconnu avoir agressé au couteau une femme de 22 ans qui refusait de se déshabiller dans un bois. Une affaire sans précédent qui place la justice des mineurs face à ses propres limites légales.
Une joggeuse agressée en pleine journée dans une zone boisée
Le 15 juin dernier, une jeune femme de 22 ans pratiquait du sport dans un espace boisé de Saint-Brieuc lorsqu’un inconnu l’a approchée et lui a ordonné de se déshabiller. Face à son refus catégorique, l’individu a sorti un couteau et lui a porté deux coups : l’un au bras, l’autre à l’abdomen. Il a ensuite pris la fuite, laissant la victime blessée sur place.
L’affaire a immédiatement été prise en charge par les services de police, qui ont recueilli le signalement détaillé de la victime et lancé des recherches dans le secteur.
Un suspect interpellé le lendemain, couteau en main
Le lendemain, des agents en patrouille ont repéré dans la ville un individu correspondant précisément au signalement fourni par la jeune femme. Lors de son interpellation, un couteau identique à celui utilisé lors de l’agression a été découvert sur lui. La coïncidence était accablante — et le profil du suspect, sidérant : le garçon n’avait que dix ans et demi, relate Le Figaro.
En raison de son jeune âge, la procédure habituelle de garde à vue n’étant pas applicable, il a été placé en « retenue » pour une durée de douze heures, mesure renouvelée une fois sur décision du parquet.
L’enfant reconnaît les faits lors de son audition
Au cours de son audition, le garçon a reconnu être l’auteur de l’agression, selon les déclarations du procureur de Saint-Brieuc, Julien Wattebled. Une information judiciaire a été ouverte dès le mercredi suivant pour tentative de meurtre et tentative de viol avec arme. Le mineur a officiellement été mis en examen dans ce cadre.
La loi face à ses propres limites : une mesure éducative plutôt que pénale
Le droit français ne permet pas de prononcer de sanctions pénales à l’encontre d’un enfant aussi jeune. En conséquence, le juge d’instruction a ordonné une mesure éducative judiciaire provisoire (MEJP). Concrètement, le garçon est soumis à un couvre-feu entre 22h et 6h et se voit interdire tout contact avec la victime.
Le respect de cette mesure est confié aux services de la protection judiciaire de la jeunesse. Par ailleurs, le procureur Wattebled a précisé que des démarches ont d’ores et déjà été entreprises en vue d’une hospitalisation du mis en examen, laissant entrevoir la prise en compte d’une possible problématique psychiatrique ou psychologique.
Une affaire qui relance le débat sur la responsabilité pénale des très jeunes mineurs
Ce dossier hors norme soulève des questions profondes sur la capacité du système judiciaire français à répondre à des actes d’une telle gravité lorsque leur auteur est un enfant en bas âge. Entre impératif de protection de l’enfance et nécessité de répondre aux attentes légitimes de la victime et de la société, la justice se retrouve dans une position particulièrement délicate.
L’instruction judiciaire est en cours. Son déroulement sera suivi avec une attention particulière, tant par les professionnels du droit que par l’opinion publique.
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