Un ostéopathe de Bassussarry a été placé en garde à vue après six plaintes de patientes pour viol et agressions sexuelles. L’enquête se poursuit.

Bassussarry : un ostéopathe en garde à vue après six plaintes pour viol et agressions sexuelles
Un praticien exerçant à Bassussarry, dans le Pays Basque, a été placé en garde à vue lundi 6 juin dans les locaux de la police de Bayonne. Six patientes l’accusent de viol et d’agressions sexuelles commis lors de séances de soins.
Une garde à vue levée pour raison médicale, une enquête qui se poursuit
La mesure de garde à vue, débutée le lundi 6 juin, a été levée après 24 heures. Le parquet de Bayonne a invoqué une « incompatibilité médicale » pour justifier cette décision. L’enquête judiciaire, elle, n’est pas close : elle repose sur six plaintes déposées par des patientes du praticien, dont une pour viol et cinq pour agression sexuelle par une personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction, relate Ici Pays basque.
L’ostéopathe, installé à Bassussarry et fort d’une expérience revendiquée de 25 ans, recevait ses patientes lors de séances pouvant durer entre deux et trois heures. C’est durant ces consultations que des gestes qualifiés d’inappropriés lui sont reprochés.
Des témoignages qui évoquent hypnose et confusion
Plusieurs plaignantes décrivent un même scénario : un état proche de l’hypnose, une perte de repères, puis des gestes à caractère sexuel. L’une d’elles raconte être venue consulter pour une hernie discale sévère. Après une première séance concluante, la suivante aurait dégénéré : sensation de paupières lourdes, mouvements du praticien devenant progressivement sensuels, avant des attouchements qu’elle décrit comme un rapprochement physique non consenti.
Elle explique avoir eu le sentiment que son expérience brouillait sa perception des faits, rendant toute réaction impossible sur le moment. Elle affirme aujourd’hui être convaincue que d’autres patientes ont vécu des situations similaires.
Une autre plaignante témoigne avoir longtemps hésité avant de porter plainte, pensant ne pas être crue. Le retour de souvenirs douloureux, accompagné de malaises physiques, l’aurait finalement poussée à s’exprimer, par ce qu’elle qualifie de devoir citoyen.
Un parcours entre rugby et engagement politique
Le suspect n’est pas un inconnu des enquêteurs, qui l’avaient déjà entendu auparavant. Ancien joueur de rugby à Nice, il a occupé des fonctions de dirigeant et d’ostéopathe au sein d’un club. Il s’est ensuite engagé en politique, en tant qu’élu d’opposition du Front national à Nice vers 2015, avant de diriger brièvement la fédération départementale du parti.
Il a par la suite quitté la Côte d’Azur pour s’installer au Pays Basque, où il s’est rapproché du milieu de la cesta punta tout en développant son activité de soins manuels. À l’ostéopathie, il associe la kinésiologie, une pratique de tests musculaires visant à réduire le stress, non reconnue comme profession de santé.
La procédure judiciaire suit son cours
Marié et père de deux enfants, le suspect a été remis en liberté à l’issue de sa garde à vue. Il devra être de nouveau entendu par les enquêteurs dès que son état de santé le permettra, et une nouvelle mesure de garde à vue n’est pas exclue. Sollicité, l’intéressé n’a pas souhaité s’exprimer.
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