Un sit-in a bloqué jeudi l’expulsion d’une famille de clandestins algériens à Saint-Étienne-du-Rouvray. Élus et associations réclament un relogement digne.

À Saint-Étienne-du-Rouvray, la mobilisation empêche in extremis l’expulsion d’une famille de clandestins algériens
Ce jeudi 16 juillet, élus et associations se sont rassemblés dès l’aube devant un immeuble de Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) pour empêcher l’expulsion d’une famille algérienne composée de deux parents et de quatre enfants, dont l’un souffre d’autisme. Si la procédure a été suspendue pour l’instant, elle pourrait être reprogrammée.
Une famille arrivée en France pour raisons médicales
Installée en France depuis avril 2019, cette famille originaire d’Algérie avait fui son pays pour permettre à l’un des enfants, atteint d’autisme et d’un retard de développement, d’accéder à des soins adaptés. Relogée une première fois en octobre de la même année après la destruction de leur précédent immeuble, elle occupe depuis un logement situé rue Jules Raimu, dans un secteur voué à la déconstruction.
La cession de cet ensemble immobilier à CDC Habitat, filiale de la Caisse des dépôts et consignations, a changé la donne. Le bailleur a engagé une procédure d’expulsion à l’encontre du foyer, désormais soumis au statut de locataire payant, alors qu’il ne s’acquittait auparavant que des charges en tant qu’occupant relogé par la municipalité.
Un père entre incertitude administrative et volonté d’intégration
Âgé de 52 ans, le père de famille, ancien agent de bureau à Oran, réclame une régularisation de sa situation. Il explique travailler ponctuellement, faute d’autorisation officielle, une situation qui complique justement l’obtention d’un titre de séjour. Son épouse reste au foyer tandis que les autres enfants sont scolarisés.
Informé par les services sociaux et une association locale de la date de l’expulsion, il dit n’avoir reçu aucune proposition de relogement pérenne, seulement une offre de six nuits d’hôtel. Il exprime son souhait de trouver un emploi dans les espaces verts et d’offrir à ses enfants un cadre de vie stable.
Une mobilisation coordonnée entre élus et associations
Sous l’impulsion de la Confédération syndicale des familles, plusieurs membres de l’opposition municipale et des élus de communes voisines ont rejoint les associations dès 6 heures du matin pour empêcher l’intervention, relate Le Parisien.
Une représentante du Réseau éducation sans frontières souligne qu’il s’agit du deuxième cas de ce type impliquant le même bailleur dans le secteur. Selon elle, l’obligation de quitter le territoire français à laquelle est soumise la famille faciliterait la procédure d’expulsion, le statut de locataire ayant changé depuis la cession à CDC Habitat.
La position du bailleur social
Contacté, CDC Habitat évoque une décision de justice consécutive à d’importants impayés de loyers. Le bailleur affirme que l’expulsion n’intervient qu’en dernier recours, après un accompagnement social prolongé. Il indique poursuivre les échanges avec les services de l’État, les collectivités locales et les acteurs sociaux afin d’identifier une solution de relogement adaptée à la situation de la famille.
Un sursis provisoire
À 9 heures, ni huissier ni serrurier ne s’étaient présentés sur les lieux. Les défenseurs de la famille redoutent toutefois que cette suspension ne soit que temporaire, en l’absence de solution de relogement durable à ce stade.
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