Deux mis en examen dans le meurtre de Quentin Deranque portent plainte contre l’ultradroite lyonnaise pour violences avec armes et préméditation.

Meurtre de Quentin Deranque : deux mis en examen déposent plainte contre l’ultradroite lyonnaise
Deux personnes mises en examen dans l’enquête sur le meurtre de Quentin Deranque ont porté plainte contre des militants d’ultradroite pour des faits de violences survenus en marge d’une conférence à Sciences Po Lyon.
Une plainte pour violences aggravées
Deux plaintes ont été déposées ce mois de juillet par des mis en examen dans le dossier Quentin Deranque, visant des militants identitaires pour des violences commises le 12 février à Lyon, relate France Info. L’une de ces plaintes émane de Jacques-Élie Favrot, ancien assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, aujourd’hui mis en examen pour complicité de meurtre par instigation.
Déposée auprès du procureur de la République de Lyon, la plainte cible quinze militants identitaires présents lors des affrontements ayant éclaté en marge d’une conférence donnée par l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po. Les faits reprochés concernent des violences commises “avec préméditation, en réunion, avec armes et dissimulation du visage”.
Des affrontements filmés et diffusés
Une vidéo, révélée par voie de presse le 17 février, montrerait deux groupes d’une dizaine de personnes s’affrontant violemment. Le groupe identifié comme appartenant à l’ultradroite lyonnaise apparaît vêtu de noir, et plusieurs objets sont visibles durant l’altercation : une béquille, un parapluie, une bombe lacrymogène ainsi qu’un fumigène.
Une “entreprise de désinformation massive” dénoncée
Pour l’avocat de Jacques-Élie Favrot, ces images démontrent une présence organisée et préméditée du groupe identitaire sur les lieux. Il estime que ces militants “étaient très clairement là à dessein”, alors qu’ils avaient initialement été présentés comme les victimes de la scène.
Selon lui, les personnes aujourd’hui poursuivies dans le dossier du meurtre de Quentin Deranque ont été “victimes d’une entreprise de désinformation massive”, un récit qu’il juge en décalage avec la réalité des événements filmés le 12 février.
Deux procédures distinctes et disjointes
L’affaire repose actuellement sur deux procédures judiciaires séparées. La première est une information judiciaire portant sur le meurtre de Quentin Deranque, confiée à trois juges d’instruction. Neuf personnes y sont mises en examen — huit pour homicide volontaire et une pour complicité de meurtre par instigation — toutes actuellement placées en détention provisoire.
La seconde procédure est une enquête préliminaire, menée sous le seul contrôle du parquet, portant spécifiquement sur les violences commises par les militants identitaires le 12 février. Cette disjonction empêcherait les juges d’instruction chargés du dossier principal d’accéder aux éléments recueillis dans le cadre de cette seconde enquête, notamment les résultats des perquisitions et saisies de téléphones opérées chez les militants concernés.
Un accès au dossier réclamé par la défense
Selon la défense, ces deux procédures seraient en réalité indissociables et devraient être examinées conjointement. Les plaintes déposées visent précisément à permettre aux mis en examen de se constituer partie civile dans un second temps, afin d’obtenir un accès direct au dossier relatif aux violences commises par les militants identitaires.
Cette démarche judiciaire illustre les tensions persistantes autour de la gestion de ce dossier sensible, où les responsabilités et les circonstances exactes des événements du 12 février continuent de faire l’objet de vives contestations entre les parties.
Votre avis nous intéresse : rejoignez la communauté Police & Réalités et laissez un commentaire.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.





