Incendie au CRA d’Oissel, rendu inutilisable : un migrant jugé à Rouen pour avoir déclenché le feu ayant intoxiqué douze personnes. Deux ans de prison.

Incendie au centre de rétention d’Oissel : deux ans de prison ferme pour l’auteur des faits
Jugé vendredi 31 juillet 2026 par le tribunal correctionnel de Rouen, un migrant de 29 ans a été condamné à deux ans de prison ferme pour avoir déclenché un incendie au centre de rétention administrative (CRA) de Oissel. Les flammes, qui ont intoxiqué une douzaine de personnes, ont rendu les lieux totalement inutilisables.
Un incendie qui aurait pu tourner au drame
Le 28 juin 2026, vers 20h45, un feu se propage brutalement dans le CRA d’Oissel, provoquant une évacuation générale du site, relate Paris-Normandie. Une douzaine de personnes sont intoxiquées par les fumées, et plusieurs doivent être hospitalisées. Le bilan matériel est lourd : murs noircis, portes calcinées, plafonds et équipements détruits par la chaleur intense.
Les images de vidéosurveillance visionnées lors de l’audience montrent le prévenu allumer volontairement le feu, à deux endroits distincts d’un matelas. Autour de lui, plusieurs autres retenus sont visibles à l’écran : certains cherchent à masquer les caméras, d’autres tentent au contraire d’étouffer les flammes.
Des conditions de rétention au cœur des débats
Face au tribunal, le migrant reconnaît être à l’origine du départ de feu, tout en contestant en être le seul responsable. Il dénonce longuement ses conditions de détention, évoquant des restrictions d’accès à ses bagages et refusant d’être interrompu par le président de l’audience. Il affirme avoir agi en réaction à ce qu’il perçoit comme un traitement dégradant de la part du personnel.
Interrogé sur la gravité potentielle de son geste, il assure n’avoir jamais eu l’intention de mettre des vies en danger. La procureure adjointe rétorque que sa réaction était « complètement disproportionnée » et souligne que d’autres personnes retenues, privées de liberté, n’avaient aucun moyen d’échapper par elles-mêmes à l’incendie.
Un traumatisme durable pour les victimes
Parmi les parties civiles figure un homme réveillé en pleine nuit par une épaisse fumée noire, resté bloqué dans sa chambre en attendant l’intervention des secours. Son avocate décrit une scène « apocalyptique ». La victime souffre depuis de troubles respiratoires persistants.
Le profil du prévenu, condamné à huit reprises depuis son arrivée en France en 2020, inquiète également le personnel du centre, qui évoque un climat de tension permanente et le décrit comme instable et redouté par d’autres retenus.
La défense pointe l’état du centre
L’avocat du prévenu, Maître Loïc Le Lay, a tenté de replacer les faits dans un contexte plus large, évoquant un climat qu’il qualifie d’« insurrectionnel » au sein d’un centre jugé insalubre et sous-doté en effectifs policiers. Selon lui, ce manque de moyens aurait retardé l’intervention des agents dans la zone concernée, aggravant les conséquences de l’incendie. Il a demandé que l’État ne soit pas reconnu comme partie civile dans cette affaire.
Deux ans de prison ferme et une lourde facture
Le tribunal a suivi les réquisitions et déclaré l’homme coupable de dégradation par incendie en état de récidive, au préjudice de l’État. Il est condamné à 18 mois de prison ferme, assortis de la révocation de six mois de sursis, soit une peine totale de deux ans de prison ferme, exécutée immédiatement sous mandat de dépôt.
Son interdiction judiciaire du territoire français, prévue pour six ans, est maintenue. Le condamné devra également indemniser les victimes, ainsi que le SDIS 76 à hauteur de près de 11 972 euros. Il dispose de dix jours pour faire appel de cette décision.
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