Dans l’Oise, un éleveur de carpes koï a été cambriolé : 235 poissons volés, jusqu’à 1 200 euros pièce. Préjudice estimé à 80 000 euros. Récit complet.

235 carpes koï volées dans l’Oise : un éleveur évalue son préjudice à plus de 80 000 euros
Un cambriolage d’une ampleur rare a frappé un élevage spécialisé de Cauffry, dans l’Oise, dans la nuit de jeudi à vendredi dernier. Plus de 200 carpes koï, certaines valant jusqu’à 1 200 euros pièce, ont disparu. Le gérant de l’exploitation, qui évoque un vol méthodique et organisé, a porté plainte.
Une découverte alarmante au petit matin
C’est un employé arrivant sur les lieux qui a donné l’alerte, relate Le Parisien. La porte de la serre était grande ouverte, des épuisettes abandonnées au sol trahissaient le passage des cambrioleurs. Le gérant de l’exploitation, spécialisée dans l’élevage de carpes koï japonaises et européennes, a immédiatement compris l’ampleur du problème.
Les malfaiteurs se sont introduits par une route peu fréquentée située à l’arrière du bâtiment, avant d’arracher un grillage puis une grille industrielle censée sécuriser les lieux. Un mode opératoire qui, selon l’exploitant, ne laisse aucun doute sur le profil des auteurs.
Un vol qui exigeait une véritable logistique
Capturer des carpes koï à l’épuisette réclame du temps et de la coordination. Pour l’éleveur, les voleurs connaissaient parfaitement la configuration des bassins, ce qui suppose un repérage préalable des lieux.
Le transport des poissons vivants nécessitait par ailleurs un équipement spécifique. Sans eau, les carpes ne survivent que quelques minutes hors de leur bassin. Une eau simplement filtrée et oxygénée permet de tenir un peu plus d’une heure de trajet, contre une vingtaine de minutes sans apport d’oxygène. Un camion équipé de cuves adaptées semble donc avoir été utilisé pour l’opération.
Jusqu’à 1 200 euros par poisson
Le bilan du vol est lourd. Sur les cinq bassins que compte l’exploitation, certains ont été presque entièrement vidés, ne laissant que quelques poissons sur plusieurs dizaines. Au total, 235 carpes koï ont disparu.
Les spécimens les plus recherchés mesuraient entre 60 et 65 centimètres pour un poids de 5 à 6 kilogrammes, une catégorie valorisée jusqu’à 1 200 euros par poisson. Les plus petites carpes s’échangent, elles, à partir de 200 euros. Le préjudice total est estimé entre 80 000 et 85 000 euros.
L’exploitant souligne qu’une décision récente a probablement limité les dégâts. Les carpes les plus imposantes, valorisées jusqu’à 4 000 euros pièce, venaient d’être transférées dans un étang extérieur après avoir occupé le bassin de reproduction. Une mesure de précaution qui les a involontairement mises hors de portée des cambrioleurs.
Un établissement déjà visé par le passé
Ce n’est pas la première fois que l’exploitation, fondée en 1997 par les parents de l’actuel gérant, est confrontée à ce type de méfait. Un vol de poissons évalué à 70 000 euros avait déjà eu lieu en 2015. L’entreprise a également été la cible de deux tentatives de vol de son poids lourd, ainsi que de sabotages répétés de sa clôture électrique ces dernières semaines.
Ces incidents avaient d’ailleurs poussé le gérant à déplacer une partie des carpes vers le bassin de stockage situé dans la serre, un choix qu’il regrette aujourd’hui, estimant avoir involontairement facilité l’accès aux voleurs.
Une enquête et une mobilisation de la communauté
Depuis les faits, le gérant a lancé un appel à ses clients afin de signaler toute vente suspecte de carpes koï, convaincu qu’il s’agit d’un vol commandité pour alimenter un marché parallèle. La revente d’animaux étant théoriquement encadrée, certaines annonces présentées comme des dons sur les réseaux sociaux ou les plateformes de petites annonces pourraient en réalité masquer des reventes illégales.
Une plainte a été déposée dès le vendredi après-midi. Les enquêteurs explorent la piste d’une équipe de spécialistes qui sévirait dans la région, en s’appuyant sur les images de vidéosurveillance des axes environnants et l’analyse des données de téléphonie.
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