Une trentaine de membres d’un groupe Telegram masculiniste sont convoqués au tribunal de Paris pour provocation à la haine et propos racistes.

Masculinisme en ligne : une trentaine de membres d’un groupe Telegram convoqués au tribunal de Paris
Le parquet de Paris a confirmé jeudi la convocation d’une trentaine d’utilisateurs d’un canal Telegram masculiniste devant le tribunal, à partir de l’automne 2026. Ils devront répondre notamment de provocation à la haine envers les femmes, dans une affaire marquée par une coopération inédite du réseau social avec les enquêteurs.
Un canal Telegram sous surveillance
Le canal public “femmeblancherie”, qui comptait 1 758 abonnés majoritairement francophones, a fait l’objet d’une enquête approfondie menée par l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine (OCLCH). Les gendarmes ont interpellé 45 personnes en juin, avant de les entendre dans le cadre de cette procédure, rapporte Le Figaro.
Selon le parquet, les échanges au sein de ce groupe ont rapidement révélé “une convergence des discriminations et des haines”, mêlant propos à caractère racial, apologie du terrorisme et de crimes contre l’humanité.
Des infractions multiples et sévèrement sanctionnées
Parmi les infractions relevées figurent la provocation publique à la haine, à la violence ou à la discrimination, ainsi que l’injure publique fondée sur le sexe. Ces délits sont passibles d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.
Les profils des mis en cause interpellent par leur diversité sociale. Originaires de toute la France, ils apparaissent pour la plupart insérés professionnellement, occupant des emplois dans des secteurs variés : on compte notamment parmi eux un infirmier, un agent pénitentiaire et un conducteur de métro.
Entre reconnaissance des faits et justifications
Interrogée sur les messages incriminés, la majorité des personnes concernées a reconnu en être les auteurs. Plusieurs ont toutefois tenté de minimiser la portée de leurs propos, invoquant un “humour noir” ou un “humour beauf”, ou évoquant l’influence de l’alcool ou d’un état d’agacement passager.
L’exploitation des téléphones saisis a par ailleurs mis en lumière une consommation régulière de contenus provenant de sites d’extrême droite, tels que “Démocratie participative”, ou associés à des figures comme Alain Soral et Vincent Reynouard, tous deux déjà condamnés pour incitation à la haine.
Une coopération de Telegram saluée par le parquet
Fait notable dans ce dossier, la plateforme Telegram a répondu à l’ensemble des réquisitions judiciaires, permettant d’identifier plusieurs membres du canal, dont son administrateur. Cette coopération a été explicitement saluée par le parquet de Paris.
Un calendrier judiciaire échelonné
Au total, 34 personnes seront jugées lors d’audiences programmées entre le 18 novembre 2026 et le 6 janvier 2027. Pour dix autres mis en cause, des procédures simplifiées ont été privilégiées, sous forme d’ordonnance pénale ou d’alternatives aux poursuites. Un dossier distinct, portant sur des injures, a été classé sans suite en l’absence de plainte de la victime concernée.
Une enquête née d’un constat sur le débat public
L’origine de cette procédure remonte à une initiative du pôle national de lutte contre la haine en ligne du parquet de Paris. Ce dernier avait constaté l’absence de signalements relatifs aux discriminations masculinistes, malgré l’ampleur croissante de ce débat de société dans les médias et sur les réseaux sociaux.
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