Limoges : un tagueur menacé par un dealer, contraint de peindre un parcours fléché vers son point de deal. Le trafiquant a été arrêté.

Un parcours fléché sous la menace : à Limoges, un dealer menace un jeune tagueur pour signaler son trafic
À Limoges, un jeune tagueur a été menacé avec une arme et contraint de peindre un graffiti indiquant le chemin vers un point de deal. Son agresseur, un trafiquant de drogue tout juste majeur, a depuis été interpellé et placé en détention avant son procès prévu fin septembre.
Une proposition alléchante qui tourne au piège
L’affaire débute fin juillet en Haute-Vienne, relate Ici Limousin. Un jeune homme d’une vingtaine d’années, connu localement pour ses graffitis, est contacté via les réseaux sociaux par un individu tout juste majeur. Ce dernier lui propose 200 euros pour réaliser une fresque murale dans sa cité.
L’objectif affiché : créer une signalétique originale pour “faire de la publicité”. En réalité, le commanditaire souhaite qu’un parcours fléché guide discrètement les clients jusqu’à son point de deal, tarifs à l’appui.
Le jeune artiste accepte, sans se douter du guet-apens qui l’attend. Accompagné d’un ami, il rejoint le commanditaire, qui arrive avec un complice. Les deux hommes sortent aussitôt une arme et menacent les deux garçons.
Racket et graffiti sous contrainte
Les agresseurs dérobent les téléphones, les clés de la voiture et les cartes bancaires des deux victimes, dont ils extorquent les codes pour retirer 2 500 euros en espèces. Ils emmènent ensuite le tagueur dans plusieurs quartiers de la cité, où il est forcé de peindre les flèches et indications demandées durant toute la nuit.
Le jeune homme parvient finalement à s’échapper et à récupérer son smartphone. Il dépose immédiatement plainte auprès des services de police.
Un trafiquant identifié et un domicile chargé
L’enquête permet rapidement d’identifier et d’interpeller le commanditaire. Face aux enquêteurs, il nie être un trafiquant à proprement parler et se présente comme une “nourrice”, chargée d’héberger la marchandise, tout en évoquant une dette pour justifier son geste.
Une perquisition à son domicile permet la saisie de 800 cachets d’ecstasy, près de deux kilos d’herbe et de résine de cannabis, ainsi qu’une arme.
Deux procédures distinctes à venir
L’auteur des faits a été déféré fin juillet et incarcéré dans l’attente de son procès, fixé à la fin du mois de septembre. De son côté, la victime devra également répondre de ses actes : les tags réalisés restant illégaux, elle sera convoquée cet automne dans le cadre d’une procédure alternative aux poursuites.
(Merci Yann Bourguignon)
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