Au Mont-Blanc, des alpinistes bloqués ont dû payer leur évacuation après la fermeture de deux refuges. Le maire de Saint-Gervais dénonce des “opportunistes”.

Mont-Blanc : des alpinistes bloqués sommés de payer leur évacuation après la fermeture des refuges
Après la fermeture de deux refuges pour raisons de sécurité, plusieurs alpinistes ont réclamé une évacuation gratuite par hélicoptère. Le maire de Saint-Gervais-les-Bains a refusé, dénonçant des comportements “opportunistes” et “dangereux”.
Un arrêté de fermeture contesté
Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais-les-Bains en Haute-Savoie, a pris un arrêté municipal fermant les refuges de Tête Rousse et du Goûter, deux étapes clés de l’ascension du Mont-Blanc. Cette décision fait suite à un “risque mortel de chutes de pierres” identifié sur le secteur, relate RMC / BFMTV.
Le lendemain de cette fermeture, trente-deux alpinistes présents au refuge du Goûter, dernière halte avant le sommet, ont sollicité un rapatriement gratuit par hélicoptère. Une demande que l’édile a jugée injustifiée.
“Ce sont eux qui ont pris les risques”
Interrogé vendredi 14 août sur RMC, le maire n’a pas mâché ses mots à l’égard de ces alpinistes. Il les accuse d’avoir utilisé l’arrêté de fermeture comme prétexte pour obtenir un secours gratuit, alors même qu’ils connaissaient les dangers du site.
Selon lui, ces personnes savaient que l’accès au Mont-Blanc était devenu risqué avant même de s’y engager. Il estime qu’il est inadmissible que la collectivité supporte les conséquences de décisions individuelles prises en toute connaissance de cause.
Une évacuation finalement facturée 95 euros
Face au refus des secours publics, une compagnie d’hélicoptères privée est intervenue pour prendre en charge les alpinistes concernés. Chacun a dû s’acquitter de 95 euros pour parcourir environ 600 mètres de dénivelé.
Tous n’ont pas fait ce choix : certains sont redescendus à pied, sans incident, selon les précisions apportées par le maire à France 3 Régions. Ce dernier estime que la demande d’évacuation relevait davantage du confort que d’une réelle nécessité.
Vers un modèle inspiré de l’Italie ?
Pour Jean-Marc Peillex, le secours en montagne doit rester gratuit lorsqu’il répond à un besoin réel, dans une logique de solidarité entre citoyens. Il plaide en revanche pour que les interventions jugées abusives soient facturées, à l’image du système en vigueur du côté italien du massif, dans le Val d’Aoste.
Dans ce modèle, un médecin ou un guide évalue si le secours était réellement justifié. En cas d’abus caractérisé, la facture est alors adressée à la personne secourue. Le maire propose que l’État applique un principe similaire en France, en refacturant certaines interventions aux assureurs chargés de garantir ces risques.
Le cas d’un adolescent de 16 ans
L’édile évoque également la situation d’un jeune de 16 ans qui avait entrepris l’ascension du Mont-Blanc seul, avec l’accord parental, avant d’être stoppé au refuge. Il a été empêché de poursuivre son ascension.
Pour le maire, ce type de comportement illustre une prise de risque devenue insoutenable pour les services de secours. Il appelle à recentrer les moyens disponibles sur les besoins réels de la population, plutôt que sur des choix individuels risqués.
(Merci Rudy van Cappellen)
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