Trois incendies volontaires ont éclaté au CRA de Lyon le 5 septembre. Un policier hospitalisé, le syndicat Alliance dénonce un manque de moyens.

Trois incendies volontaires secouent le centre de rétention administrative de Lyon, un policier hospitalisé
Le centre de rétention administrative de Lyon, situé à proximité de l’aéroport Saint-Exupéry, a connu une journée particulièrement agitée samedi 5 septembre. Trois départs de feu volontaires ont nécessité l’intervention des pompiers et provoqué l’hospitalisation d’un policier et d’un agent de sécurité. Le syndicat Alliance pointe du doigt un manque criant de moyens humains.
Un premier incendie déclenché après un mouvement de contestation
Situé sur la commune de Colombier-Saugnieu, le centre de rétention administrative numéro 2 (CRA2) a été le théâtre de trois incendies distincts en une seule journée. Selon les informations recueillies par Le Progrès, les tensions auraient débuté au réfectoire, lorsqu’un retenu aurait jeté son plateau-repas au sol, un geste rapidement imité par d’autres personnes présentes.
Le syndicat de police Alliance, contacté par nos confrères du Progrès, évoque une situation récurrente dans ce type d’établissement. L’individu à l’origine de l’incident a été isolé du reste du groupe, mais cette mesure n’a pas suffi à apaiser le climat, resté tendu tout au long de la journée.
Un feu de literie provoque une fumée toxique
Vers 18 heures, l’alarme du bloc s’est déclenchée : un ou plusieurs occupants avaient mis le feu à l’un des lits. Complication notable, les caméras de surveillance avaient été volontairement masquées, rendant l’identification des responsables plus difficile.
Les agents de sécurité incendie ont rapidement été renforcés par des sapeurs-pompiers dépêchés depuis l’aéroport ainsi que des communes de Meyzieu et Saint-Priest. Plusieurs véhicules, dont une grande échelle, ont été mobilisés face à une fumée noire et toxique. Un policier et un agent de sécurité, incommodés par les émanations, ont été transportés à l’hôpital avec des blessures légères. Les personnes retenues ont été évacuées vers la cour extérieure durant toute la durée de l’intervention.
Deux nouveaux départs de feu dans la soirée
Vers 20h30, un second incendie s’est déclaré : un matelas a été volontairement enflammé dans une autre chambre du centre. Les équipes de sécurité et les pompiers ont de nouveau été mobilisés, cette fois épaulés par des effectifs de la Compagnie départementale d’intervention venus en soutien de la police des frontières. Le feu a été maîtrisé rapidement.
Un troisième et dernier épisode a eu lieu vers 22h20, avec l’embrasement d’une poubelle, avant que le calme ne revienne définitivement dans l’établissement.
Le syndicat Alliance alerte sur une situation « explosive »
Pour le syndicat Alliance, cette journée illustre une situation qu’il qualifie de « quasi insurrectionnelle ». Plusieurs facteurs sont pointés du doigt, notamment le manque de personnel et la présence croissante, au sein de ces centres, de profils déjà connus des services de police pour des faits antérieurs.
« C’est une cocotte-minute, à tout moment ça peut exploser », résume le syndicat, qui réclame davantage de moyens, de protection et de fermeté. Alliance appelle par ailleurs ses adhérents à participer à une manifestation nationale prévue le 15 septembre, destinée notamment à obtenir une revalorisation de la prime de risque des policiers, restée inchangée depuis 2019.
(Merci Yann Bourguignon)
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