Corruption, trafic d’influence, détournement de fichiers : l’IGPN révèle une hausse de 45% des atteintes à la probité dans la police en 2025. Décryptage.

Atteintes à la probité dans la police : l’IGPN constate une hausse spectaculaire de 45% en un an
Le rapport annuel de l’Inspection générale de la police nationale, dévoilé ce mercredi 23 septembre, dresse un état des lieux préoccupant des manquements à l’éthique au sein des forces de l’ordre. Corruption, trafic d’influence et violations du secret professionnel figurent parmi les infractions en forte progression.
Une progression marquée sur l’ensemble des indicateurs
La police des polices a comptabilisé 341 infractions liées à des atteintes à la probité en 2025, contre 234 l’année précédente. Cette évolution représente une augmentation de 45% en douze mois, un chiffre qui interpelle au sein même de l’institution, rapporte France Info.
Pour documenter cette tendance, l’IGPN a mené 235 enquêtes judiciaires spécifiquement consacrées à ces manquements durant l’année écoulée. Certaines de ces procédures englobent plusieurs infractions simultanément, ce qui explique l’écart entre le nombre d’enquêtes et le nombre total d’infractions recensées.
Trois catégories d’infractions particulièrement concernées
Le rapport identifie des hausses distinctes selon la nature des faits reprochés. Les détournements de fichiers de leur finalité initiale arrivent en tête, avec une progression de 80% sur la période étudiée.
Les violations du secret professionnel enregistrent quant à elles une hausse de 25%, tandis que les faits de corruption progressent de 33%, soit près d’un tiers en un an. L’institution précise que ces atteintes à la probité recouvrent un périmètre large : corruption, trafic d’influence, prise illégale d’intérêts, détournement de fonds publics, favoritisme et concussion, auxquels s’ajoutent désormais les infractions liées aux fichiers et au secret professionnel.
Des motivations variées derrière ces manquements
L’IGPN souligne que ces infractions ne répondent pas systématiquement à des motivations financières. Certains agents agissent par intérêt lucratif, mais d’autres cas relèvent de motivations affectives ou sentimentales, voire de ce que les auteurs perçoivent comme une “juste cause”.
Une étude menée en 2025 par la délégation parisienne de l’IGPN dresse un profil type des agents mis en cause : majoritairement des hommes de moins de 40 ans, situés dans le premier tiers de leur carrière. Les délégations de Marseille et de Lille observent des tendances similaires sur leur territoire respectif.
L’Inspection générale nuance toutefois cette observation. Faute d’étude méthodologique équivalente menée à l’échelle nationale, ce profil ne peut être érigé en règle générale applicable à l’ensemble du territoire français.
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