Un étudiant de 19 ans, fils de policier, est condamné pour des jets de pierres lors d’une manifestation à Reims. Le récit de l’audience.

Fils de policier, un étudiant de 19 ans condamné pour des jets de pierres lors d’une manifestation à Reims
Jugé en comparution immédiate, un étudiant de 19 ans a été condamné pour avoir lancé à plusieurs reprises des projectiles sur les forces de l’ordre lors d’un rassemblement vendredi dernier. Le tribunal a relevé que son père exerce comme policier municipal. Le prévenu a évoqué un regret tardif, tandis que le parquet a dénoncé des faits « très graves ».
Une manifestation partie des lycées
Étudiant en deuxième année de BTS au lycée Colbert, le jeune homme explique avoir rejoint le cortège au départ du lycée Clemenceau, en direction du centre-ville de Reims, relate L’Union. Il affirme avoir voulu protester contre les emplois du temps, jugés trop chargés (de 8 heures à 18 heures), et contre la quantité de travail demandée, qui limiterait les activités extrascolaires.
À la barre, il a assuré avoir été « porté par la foule ». Cette version a été contestée par la représentante du ministère public. Selon elle, les images disponibles le montrent systématiquement en première ligne, seul ou presque, et sa taille de 1,97 m le rend aisément identifiable.
Des projectiles lancés à plusieurs reprises
Sur les Promenades puis rue Libergier, le prévenu a été vu à plusieurs reprises en train de jeter des cailloux en direction des forces de l’ordre. Il ne conteste pas ces faits, mais peine à les expliquer. Le tribunal s’est également interrogé sur sa tenue : capuche, masque chirurgical et vêtements noirs.
« J’étais là pour me faire entendre, pas pour être violent », a-t-il déclaré.
Un père policier municipal
Interrogé sur la profession de son père, il a répondu qu’il était policier municipal et qu’il avait déjà été victime de jets de pierres lors d’une manifestation. Il dit avoir alors été choqué et peiné. « Aujourd’hui, je me rends compte que c’est comme si je m’en étais pris à mon père », a-t-il confié, évoquant des faits « regrettables ».
Ce repentir a laissé la magistrate sceptique. Elle a souligné que les faits s’étaient déroulés en deux temps et en deux lieux différents, ce qui laissait, selon elle, le temps de la réflexion. Le jeune homme a répondu qu’il n’y avait pas songé et pense que son père ne serait pas indulgent avec lui.
Les arguments de la défense et du parquet
Pour son avocate, Me Melis, l’interpellation s’est bien déroulée et son client n’a jamais cherché à se dédouaner. Elle a plaidé une prise de conscience immédiate et proposé un travail d’intérêt général. Elle a décrit un jeune homme inséré, porteur de projets, qui ne réitérera pas : « Il a compris. Trop tard, mais il a compris. »
Le parquet a jugé l’écart « bien trop important » entre la personnalité du prévenu et la gravité des faits. Il a relevé qu’il avait été violent envers tous et qu’il avait fallu le rechercher pendant trois heures avant de l’interpeller. Il a réclamé de la fermeté.
Six mois de prison ferme aménageables
Le tribunal a suivi cette ligne. Le jeune homme est condamné à six mois d’emprisonnement ferme, peine aménageable, assortis d’une interdiction de porter ou détenir une arme pendant cinq ans.
Votre avis nous intéresse : rejoignez la communauté Police & Réalités et laissez un commentaire.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.




