Mariages blancs : un réseau démantelé en Île-de-France après un signalement à Orsay. 13 unions recensées, 13 interpellations, 2 suspects en détention.

Mariages blancs en Île-de-France : un réseau démantelé après un signalement de la mairie d’Orsay
Treize personnes ont été interpellées par la police aux frontières de l’Essonne. Les enquêteurs ont recensé treize mariages de complaisance, certains facturés jusqu’à 30 000 euros. Deux suspects ont été placés en détention provisoire.
Une alerte partie d’une mairie de l’Essonne
L’enquête débute en décembre, lorsque la mairie d’Orsay signale une situation anormale au parquet d’Évry, relate Le Parisien. Lors d’un entretien préalable à un mariage, un agent constate que les futurs époux ne se connaissent pas. Un second dossier attire aussi l’attention des services municipaux : l’adresse donnée à l’oral ne correspond pas à celle figurant sur les documents fournis.
Face à ces incohérences, la commune rappelle qu’elle a l’obligation d’informer les autorités judiciaires. Les enquêteurs de la police aux frontières (PAF) de l’Essonne prennent alors le relais.
Des faux documents et un numéro de téléphone commun
L’examen des deux dossiers confirme l’usage de faux documents. Les policiers identifient un numéro de téléphone présent dans les deux procédures, ce qui leur permet de remonter la piste. Ils mettent en place des écoutes téléphoniques et un suivi bancaire.
Ces investigations conduisent à un homme de 40 ans, de nationalité algérienne, suspecté de piloter l’organisation depuis le Portugal alors qu’il est interdit de territoire français. Les enquêteurs identifient aussi ses proches collaborateurs présumés : sa compagne, domiciliée au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), et le frère de celle-ci.
Des mariées recrutées sur les réseaux sociaux
Six femmes ont été repérées, notamment dans les Yvelines et en Seine-et-Marne. Recrutées via les réseaux sociaux, elles se trouvaient en difficulté sociale et auraient perçu entre 2 000 et 6 000 euros pour jouer le rôle d’épouse.
Les candidats au mariage versaient en moyenne 7 000 euros, mais certains auraient payé près de 30 000 euros. Le tarif variait selon les situations, signe d’un système rodé qui s’adaptait à chaque client.
Deux jours d’opérations coordonnées
Lundi, les policiers profitent de l’arrivée en France du principal suspect pour l’interpeller dans un hôtel de La Courneuve (Seine-Saint-Denis). Le lendemain, plusieurs dizaines de policiers de la PAF, appuyés par l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (OLTIM) de Lognes (Seine-et-Marne) et par des renforts des Yvelines et de la Seine-et-Marne, interpellent douze autres personnes. Parmi elles figurent trois hommes et les six femmes recrutées. Certains « mariés » étaient déjà repartis dans leur pays avec leur nouveau titre.
Les perquisitions ont permis de saisir un peu plus de 10 000 euros en liquide, ainsi qu’un sac rempli de documents administratifs, dont des justificatifs de domicile destinés à constituer des dossiers de mariage. D’autres pièces découvertes pourraient révéler de nouveaux faux mariages.
Détention provisoire et condamnations
Le principal suspect a été placé en détention provisoire jeudi, avec son beau-frère présumé de 30 ans, considéré comme son bras droit. Leur procès est attendu fin novembre. Sa compagne et le frère de celle-ci ont été placés sous contrôle judiciaire.
Les mis en cause auraient admis leur participation, à l’exception du principal suspect, qui nierait l’ensemble des faits. Les autres protagonistes ont été jugés en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) et condamnés à des peines de prison avec sursis. Les trois « mariés » interpellés ont reçu une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
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