Alliance Police nationale porte plainte contre l’État pour mise en danger de la vie d’autrui. Bilan : 937 policiers et gendarmes blessés selon Lecornu.

Mouvement lycéen : le syndicat Alliance Police nationale porte plainte contre l’État pour « mise en danger de la vie d’autrui »
Le syndicat majoritaire chez les gardiens de la paix reproche à l’État des consignes de maintien de l’ordre jugées « floues » et « contradictoires » face aux mobilisations lycéennes. Il met aussi en cause la hiérarchie policière et le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.
Une plainte annoncée ce mercredi 14 octobre
Alliance Police nationale, syndicat représentant les gardiens de la paix, a annoncé ce mercredi 14 octobre le dépôt d’une plainte contre l’État, rapporte BFMTV. L’organisation invoque une « mise en danger de la vie d’autrui » et vise les instructions données aux forces de l’ordre engagées lors du mouvement lycéen.
Dans son communiqué, le syndicat dénonce des consignes « floues », des injonctions « contradictoires » et des « discours de façade ». Il décrit une situation de terrain très éloignée des messages officiels : « des policiers esseulés, trahis, abandonnés, exposés à la violence et livrés à la vindicte ».
Une « dissonance » dénoncée au sommet
Alliance évoque une « dissonance » devenue « insupportable » entre les propos de la hiérarchie policière et ceux de Laurent Nuñez. Le syndicat interpelle directement le ministre : « Votre administration vous ment-elle ? Ou les policiers sont-ils délibérément sacrifiés sur l’autel de la communication politique ? »
L’organisation réclame que « la chaîne de commandement » soit remise à plat. Elle demande aussi d’identifier les auteurs des consignes contestées et d’établir les responsabilités « à tous les niveaux de l’État ».
Le texte se conclut par une formule appuyée : « À chacun ses ordres. À chacun ses mensonges. À chacun ses responsabilités. » Le syndicat y affirme que les policiers ne seront « ni les boucliers d’une communication politique, ni les fusibles d’une administration qui refuse d’assumer ses décisions ».
Une recevabilité encore à démontrer
Pour que la plainte soit jugée recevable, Alliance devra établir un lien de causalité entre le préjudice qu’il invoque pour les forces de sécurité et l’action de l’État. Il s’agit ici des consignes données aux personnels chargés du maintien de l’ordre lors des rassemblements lycéens.
Cette démonstration constituera l’enjeu central de la procédure. Le syndicat n’a pour l’instant formulé que des accusations, qu’il appartiendra à la justice d’examiner.
Un bilan humain lourd depuis le début du mouvement
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a communiqué plusieurs chiffres sur les conséquences de la mobilisation :
• 937 policiers et gendarmes blessés ;
• 149 personnels de l’Éducation nationale blessés ;
• 248 élèves blessés, « souvent dans le cadre de violences urbaines » ;
• 36 enquêtes visant des actes mettant en cause des policiers, confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).
Ces données illustrent l’ampleur des tensions observées depuis le début du mouvement. Elles nourrissent le débat sur les conditions d’intervention des forces de l’ordre et sur la cohérence des directives qui leur sont transmises.
(Merci Yann Bourguignon)
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