Rémy Daillet condamné à six ans de prison pour l’enlèvement de Mia et association de malfaiteurs terroriste : le détail du jugement et du projet Azur.

Procès Rémy Daillet : six ans de prison pour l’enlèvement de la petite Mia et un projet de coup d’État
Rémy Daillet a été condamné ce jeudi 15 octobre à six ans d’emprisonnement. Le tribunal l’a reconnu coupable de complicité dans l’enlèvement de la petite Mia, en avril 2021, et d’association de malfaiteurs terroriste. Il dispose de dix jours pour faire appel.
Un verdict prononcé avec une atténuation
Le président du tribunal a indiqué que les juges avaient retenu « l’altération du discernement » de l’accusé au moment des faits. Le Parquet national antiterroriste (PNAT) avait requis sept ans de prison le mardi 6 octobre à l’encontre de cet ancien fils de député.
Une disparition d’enfant dans les Vosges
Tout commence en avril 2021, aux Poulières, dans les Vosges. La grand-mère de Mia, qui en avait la garde depuis que la mère de l’enfant n’était plus jugée apte à s’en occuper, reçoit la visite de deux hommes. Ils se présentent comme des agents de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et affirment devoir conduire la fillette, alors âgée de 8 ans, auprès de sa mère.
Après une hésitation, la grand-mère se laisse convaincre par des documents présentés comme officiels et leur confie l’enfant. En réalité, Mia vient d’être enlevée à la demande de sa mère par un réseau dirigé à distance depuis la Malaisie par Rémy Daillet. Une alerte enlèvement est déclenchée. Après cinq jours de recherches, les forces de l’ordre retrouvent la fillette et sa mère en Suisse.
Le « projet Azur » : un plan de renversement du pouvoir
L’enquête a révélé un volet plus inquiétant. Quelques jours avant l’enlèvement, la DGSI avait signalé au PNAT des « activités conspiratrices violentes » attribuées à Rémy Daillet. Depuis la Malaisie, cet ancien représentant du MoDem avait mis en place un système de recrutement hiérarchisé en France, placé sous l’autorité d’un « officier recruteur ».
Cette structure devait mener le « projet Azur », dont l’objectif était de renverser le gouvernement en prenant l’Élysée par la force. Le plan a été stoppé net par l’arrestation de Rémy Daillet et son extradition en juin 2021.
Une défense faite d’assurance et de trous de mémoire
À l’audience, l’accusé a alterné des explications parfois déconcertantes, livrées avec une grande assurance, et des oublis sur certains éléments du dossier, notamment sur les projets d’actions violentes. Sur l’affaire Mia, il a contesté tout enlèvement et préféré parler de « restitution » à la mère, jugeant « abusif » le placement de l’enfant à l’Aide sociale à l’enfance (ASE).
« Tous les citoyens ont le devoir de porter secours à un enfant », a-t-il martelé, tout en assurant n’avoir jamais voulu enlever d’autres enfants placés.
Et maintenant ?
Rémy Daillet n’a pas encore indiqué s’il ferait appel. Il dispose pour cela d’un délai de dix jours à compter du prononcé de la décision.
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