Manifestations du 24 octobre : des militants nationalistes soupçonnés de violences contre des « manifestants » dans une quinzaine de villes.

Manifestations du 24 octobre : des militants nationalistes soupçonnés de violences contre des « manifestants » dans une quinzaine de villes
Présentés comme des protecteurs de commerces, des groupes nationalistes auraient affronté des « manifestants » et des militants d’ultragauche samedi. À Nice, une enquête judiciaire est ouverte. Le ministre de l’Intérieur a demandé aux préfets de saisir la justice.
Une quinzaine de villes concernées
Lors de la mobilisation sociale de samedi, des militants nationalistes sont soupçonnés d’avoir commis des violences contre des « manifestants » et des membres de l’ultragauche, rapporte Ici. Nice, Montpellier et Nancy figurent parmi les villes citées, avec une dizaine d’autres. Des vidéos largement partagées sur les réseaux sociaux ont alimenté les signalements.
Selon le ministère de l’Intérieur, ces groupes se seraient donné pour mission de protéger les commerces. Dans les faits, ils auraient surtout cherché la confrontation avec l’ultragauche. Les forces de l’ordre sont généralement intervenues pour les disperser ou pour empêcher des heurts entre groupes rivaux.
Une réponse judiciaire et administrative
Les militants nationalistes n’ont pas tous été interpellés, dans un contexte d’ordre public jugé très tendu. Laurent Nuñez a demandé aux préfets de saisir la justice et a averti que des suites administratives pourraient s’ajouter. Quelques heures avant les rassemblements, des appels à la coordination sur les réseaux sociaux avaient déjà été signalés. Certains messages évoquaient même d’éventuels affrontements et le port d’armes.
À Nice, une enquête pour violences aggravées
Le parquet de Nice a ouvert une enquête afin d’identifier et d’interpeller les membres de cette mouvance impliqués dans des violences aggravées commises en centre-ville. Le procureur Damien Martinelli a dit vouloir une réponse extrêmement ferme. Les investigations s’appuient notamment sur les images tournées samedi.
Certaines séquences montrent des hommes vêtus de noir et masqués se précipiter sur des « manifestants ». D’autres personnes auraient interpellé verbalement des participants au cortège.
Sur les 59 gardes à vue prononcées à l’issue des manifestations, 11 concernent des individus susceptibles d’appartenir au milieu nationaliste, selon le parquet. Ils ont été contrôlés à bord de deux véhicules, avant les violences. Certains détenaient des masques, des gants, des bombes lacrymogènes et des matraques. Cinq d’entre eux étaient déjà connus des services de police.
Des heurts dans le Vieux-Nice
D’après la préfecture des Alpes-Maritimes, environ 100 militants nationalistes masqués ont convergé vers le centre-ville pour affronter physiquement les « manifestants », qui étaient 2 300 selon ses comptages. Les forces de sécurité ont manœuvré tout l’après-midi pour éviter la jonction des deux camps.
En fin de journée, des rixes ont éclaté aux abords du Vieux-Nice entre des individus violents issus des deux groupes. Elles ont fait trois blessés légers. Le maire de Nice, Éric Ciotti, a condamné les agressions commises contre le cortège pacifique et a affirmé que leurs auteurs devraient répondre de leurs actes, comme les militants d’extrême gauche.
Montpellier : signalement au procureur
À Montpellier, le maire Mickaël Delafosse (PS) a dénoncé une « milice d’extrême droite » après avoir vu des vidéos de possibles groupes nationalistes s’en prenant à des « manifestants ». Il a annoncé un signalement au procureur et a déclaré que nul ne devait être inquiété parce qu’il manifeste.
La préfecture de l’Hérault a indiqué dimanche avoir saisi le procureur, conformément à la demande du ministre. Elle affirme que les forces de l’ordre sont intervenues à plusieurs reprises pour disperser ces groupes et éviter les affrontements.
Une polémique politique
La députée LFI Mathilde Panot a estimé dimanche que les policiers « n’ont pas réagi » face à ces militants à Montpellier. Elle a aussi affirmé que son parti avait recensé au moins quatorze villes où des groupes nationalistes auraient attaqué des « manifestants ». Ces déclarations restent à confirmer par les procédures judiciaires en cours.
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