Un routier macédonien contrôlé sur l’A7 avec 68 kg de cocaïne : il invoque l’opération de son épouse. Le tribunal le condamne à 4 ans de prison ferme.

Isère : un routier macédonien récidiviste arrêté avec 68 kg de cocaïne sur l’A7 écope de quatre ans de prison ferme
Contrôlé par les douanes de Lyon dans la nuit du 21 au 22 octobre, un chauffeur macédonien transportait plus de 68 kg de cocaïne d’une grande pureté, d’une valeur estimée à 1,7 million d’euros. Jugé en comparution immédiate à Vienne, il a justifié son geste par les frais médicaux de son épouse. Le tribunal l’a condamné à quatre ans de prison ferme.
Un contrôle de nuit sur l’aire de la Grande Borne
Peu après minuit, dans la nuit du mercredi 21 au jeudi 22 octobre, des agents des douanes de Lyon contrôlent un poids lourd sur l’aire de repos de la Grande Borne. Elle se situe sur l’autoroute A7, sur la commune d’Auberives-sur-Varèze, en Isère. Le véhicule revenait d’Espagne, plus précisément de Barcelone, relate Le Dauphiné Libéré.
Le chien des douaniers « marque » rapidement la cloison de la couchette, dans la cabine du tracteur. Une cache y avait été aménagée. Les agents y découvrent des pains de cocaïne.
Une drogue d’une pureté exceptionnelle
Le total dépasse légèrement 68 kg. Les tests révèlent une pureté comprise entre 91 et 92%. La valeur de la marchandise est estimée à 1,7 million d’euros. Elle devait être acheminée jusqu’en Belgique.
Un conducteur déjà condamné il y a trois ans
Le conducteur, un Macédonien d’une quarantaine d’années, Mirsad Fakic, travaille à son compte et sillonne l’Europe. Il avait déjà été condamné par le tribunal de Boulogne-sur-Mer à 10 000 euros d’amende pour un transport de kétamine. Selon son avocate, Me Anne-Laure Cleyet, il a réglé cette somme grâce à un crédit contracté sur trois ans.
« J’ai juste joué le rôle du transporteur »
Devant les juges, le prévenu affirme avoir accepté 6 000 euros pour convoyer, croyait-il, 25 kg de cannabis. Il se dit surpris par la quantité et la nature des produits découverts. Père de famille, il évoque la situation de son épouse, invalide et dans l’incapacité de travailler. Elle doit subir de nouvelles opérations, et un hôpital venait d’être trouvé en Serbie.
« J’ai fait un mauvais choix, mais quelque part, je devais le faire », déclare-t-il à l’audience.
Les arguments du parquet et de la défense
Le substitut du procureur, Gabi Bouyssou, souligne que la quantité est « conséquente » et le taux de pureté « largement au-dessus de la moyenne ». Il relève néanmoins « l’honnêteté du prévenu dans la mesure du possible ».
La défense met en avant la précarité du chauffeur. Avec un salaire de 400 euros, il resterait sous le Smic macédonien, fixé à 625 euros. Les 6 000 euros promis représenteraient une année de revenus, alors que son épouse doit être opérée « une énième fois ».
Quatre ans ferme et deux millions d’euros d’amende
Le tribunal de Vienne a suivi les réquisitions. Mirsad Fakic est condamné à quatre ans de prison ferme, avec mandat de dépôt. Il fait également l’objet d’une interdiction définitive du territoire français. Il devra enfin s’acquitter d’une amende douanière de deux millions d’euros.
(Merci Yann Bourguignon)
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le tribunal aurait dû lui supprimer le droit de rouler en France pendant au moins 5 ans !!