Carcassonne : un policier qui a jeté un sans-abri au sol en juin écope de six mois avec sursis et d’un an d’interdiction d’exercer sur la voie publique.

Carcassonne : un policier condamné à six mois de prison avec sursis après avoir projeté un sans-abri au sol lors de la Fête de la musique
Le tribunal correctionnel de Carcassonne a condamné, ce vendredi 6 novembre, un policier national pour des violences commises en juin sur Youssef, un sans-abri de 29 ans. Le prévenu a aussi reçu une interdiction d’exercer sur la voie publique pendant un an. À la barre, il a reconnu un « geste violent » mais assuré n’avoir voulu qu’écarter l’homme.
Une condamnation en deçà des réquisitions
Le tribunal a retenu la qualification de violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique. Le policier est condamné à six mois de prison avec sursis. Il ne pourra pas exercer sur la voie publique pendant un an, rapporte Le Midi libre.
La sanction reste en deçà des réquisitions. Le parquet avait demandé trois ans d’interdiction d’exercer sur la voie publique, avec exécution immédiate.
Une vidéo diffusée en septembre
Les faits remontent au début de soirée, lors de la dernière Fête de la musique. Ils ont été rendus publics mi-septembre par une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Elle est apparue quelques jours après une autre polémique, provoquée par l’enregistrement de policiers municipaux de Carcassonne tenant des propos racistes.
Sur les images, le policier national, accompagné de policiers municipaux, saisit un jeune homme par-derrière. Il le projette violemment au sol, devant de grosses enceintes, au milieu d’un petit groupe visiblement éméché. La tête de la victime heurte le sol avec force. L’homme se tient le crâne quelques instants avant d’être relevé par les policiers. Plusieurs personnes choquées par le geste les interpellent.
Un décès sans lien établi avec les faits
Youssef est mort treize jours plus tard. Selon le parquet, l’autopsie n’a établi « aucun lien » entre les faits filmés et le décès. Le tribunal l’a décrit comme un « marginal », qui vivait entre le domicile de ses parents et la rue et consommait régulièrement des stupéfiants.
La défense du policier à l’audience
Le fonctionnaire, âgé de 43 ans, a expliqué avoir craint que la victime « allait porter atteinte » à une policière municipale. Celle-ci participait à l’intervention, déclenchée par les nuisances sonores du groupe. Il a affirmé qu’une personne alcoolisée a un « tempérament imprévisible » et représentait donc une menace.
La présidente lui a opposé plusieurs éléments :
• La victime était titubante et visiblement fortement alcoolisée.
• Les autres policiers, entendus par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), n’ont jamais dit s’être sentis en danger.
• La vidéo ne montre aucune attitude agressive, l’homme ayant les bras ballants.
Le prévenu a répondu que « l’angle de la caméra peut être trompeur » et évoqué des « différences de perception » avec la magistrate. Il a dit comprendre que les images choquent. Selon lui, il voulait seulement « renvoyer » l’homme sur le côté. Il a ajouté : « Je ne suis pas quelqu’un de violent, j’évite toujours la confrontation, j’ai la fibre sociale, je cherche toujours le dialogue. » Marié et père de trois enfants, il est actuellement en arrêt maladie.
Soutiens et réaction de la famille
Pendant l’audience, une trentaine de policiers en civil sont venus soutenir silencieusement leur collègue dans le hall du tribunal. Devant le palais de justice, une petite dizaine de personnes ont manifesté leur solidarité avec la famille de la victime.
Après le jugement, l’un des frères de Youssef s’est dit « soulagé » devant la presse. Il a toutefois évoqué un « petit goût amer ». Selon lui, le policier a eu le temps de s’expliquer et plusieurs occasions de s’excuser ou d’exprimer des regrets, ce qu’il n’a pas fait.
Votre avis nous intéresse : rejoignez la communauté Police & Réalités et laissez un commentaire.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
