Un homme sous curatelle a tenté de s’immoler à Compiègne. La mairie et l’État se renvoient la responsabilité d’un drame évité de justesse.

Dans la nuit du 2 au 3 juin 2025, un incendie volontaire a failli virer au drame à Compiègne, dans l’Oise.
Un homme de 41 ans, sous curatelle renforcée en raison de troubles psychiatriques, aurait tenté de mettre fin à ses jours par le feu dans son appartement du square Blaise-Pascal. Cinq personnes ont été légèrement intoxiquées, mais l’évacuation rapide des 50 résidents a évité le pire.
L’auteur présumé des faits, actuellement hospitalisé sous contrainte en psychiatrie, avait manifesté des idées suicidaires explicites un mois plus tôt en mairie, demandant même une hospitalisation. Selon le maire Philippe Marini (LR), ni l’Association de protection sociale et juridique de l’Oise (APSJO), ni l’Agence régionale de santé, ni la préfecture n’auraient pris la mesure de la gravité de la situation. Il dénonce un dysfonctionnement grave dans le suivi psychiatrique et social des majeurs protégés.
Mais l’État rétorque : la mairie n’a pas activé les leviers légaux à sa disposition, notamment en matière de soins psychiatriques sous contrainte, et n’a pas alerté les autorités préfectorales. L’APSJO rappelle de son côté qu’elle n’a ni compétence médicale ni pouvoir d’imposer des soins, et insiste sur le fait que seul le maire pouvait déclencher l’hospitalisation forcée, ce qui n’a pas été fait.
Ce bras de fer institutionnel met en lumière les carences systémiques dans la gestion des urgences psychiatriques et la protection des personnes vulnérables. Un drame évité de peu, mais qui révèle des zones grises dans la chaîne de responsabilité.
Pour en savoir plus : Le Parisien
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